La menace russe pour l’Arctique canadien: le mythe politique et la réalité

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Les champs de tirs en hiver sont difficiles en raison du froid et de l'épaisseur de neige. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Champs de tirs lors d’un exercice GUERRIER NORDIQUE, visant à affirmer la souveraineté dans l’Arctique canadien. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Depuis le lancement de sa politique nordique du «Use it or lose it» sous l’impulsion du premier ministre Harper, le gouvernement canadien a fait de la défense de sa souveraineté en Arctique l’une de ses principales rhétoriques politiques. Entre déclarations retentissantes et annonces d’investissements militaires sans précédents, le gouvernement actuel ne cesse de faire allusion à la partie septentrionale de son territoire. Principale raison évoquée pour justifier une militarisation de l’Arctique canadien: la menace Russe et les intentions belliqueuses de Vladimir Poutine en Arctique. Qu’en est-il de la crédibilité de cette menace ?

L’histoire a montré qu’il n’y avait pas de moyen plus efficace pour faire accepter à un électorat des dépenses militaires accompagnées d’un retour du discours sécuritaire que de créer ou, en l’occurrence, de surévaluer une menace.

Une étude sérieuse de la situation et de l’état des tensions actuelles dans le grand nord, nous démontre que c’est l’orientation politique prise par les conservateurs au pouvoir. Une option qui, si elle peut s’avérer payante sur la scène nationale, à des conséquences grave et regrettable sur la coopération en Arctique.

Dans sa stratégie nordique, le premier ministre Harper semble jouer la carte de la peur pour parvenir à ses aspirations de militarisation : « Quand dans la même phrase on utilise Arctique et chasseur F35, on manipule la région et des enjeux qui n’existent pas comme la Russie » nous à confier Joël Plouffe, chercheur à l’observatoire de la politique et la sécurité de l’Arctique (OPSA) du CIRRICQ.

Le chercheur nous a fait part de ses inquiétudes quant au le repli progressif du Canada sur la seule zone nord-américaine. Une tendance qui est en train de porter atteinte aux efforts effectués antérieurement pour établir un véritable multilatéralisme entre tous les pays nordiques riverains de l’Arctique.

Non, la Russie ne menace pas la souveraineté de l’Arctique Canadien

Peu nombreux sont les indices sérieux ou motifs qui indiqueraient que la Russie représente une menace directe quelconque pour le Canada et la souveraineté de sa zone arctique.

En premier lieu, il est nécessaire de rappeler que même si l’on assiste à une dynamique de réchauffement des températures dans le Grand Nord, les conditions climatiques des années à venir rendent toujours inenvisageable une offensive militaire de grande envergure ciblant l’Arctique Canadien.

Par ailleurs rappelons que plus de 90% des ressources énergétiques et denrées naturelles du pôle sont déjà attribuées à des zones économiques exclusives des pays riverains en vertu du droit international. Le partage des ressources dans la région n’est donc source que de différends mineurs, essentiellement d’ordre juridique.

De même,  à ceux qui évoquent les appétits de contrôle des futures routes commerciales arctiques comme Casus Belli, il convient de préciser que celui-ci demeure conditionné par la fonte des glaces. Or, au rythme actuel du réchauffement climatique et il est peu probable de voir changer le schéma du commerce mondiale à court ou moyen terme.

Enfin, il est impossible de faire abstraction des outils de conciliation et de médiation mis à disposition des pays riverains pour assurer la stabilité politique de la circonférence arctique. Des organismes tel que le Conseil de l’Arctique prennent de l’assurance et offrent un rempart et une protection contre toute éventuelle montée des tensions dans la région.

Néanmoins, nul doute que la politique de défiance répétée qu’entretient le gouvernement canadien à l’égard de Moscou affaiblit progressivement le poids de ce dernier argument.

La crise ukrainienne trouve une résonance en Arctique

Même durant la Guerre Froide, soit l’apogée des tensions avec le monde Russe, le Canada continuait d’entretenir des relations avec son voisin arctique Russe à travers des échanges scientifiques, économiques et même culturels.

Depuis le refroidissement spectaculaire des relations Russo-Canadiennes sur fond de crise Ukrainienne, ces perspectives de coopérations bénéfiques pour la région s’évanouissent peu à peu.

La politique élaborée par le Kremlin à destination de l’est de l’Ukraine a été justement condamnée par la communauté internationale, une telle posture reste inadmissible, agressive et violatrice du droit international.

Néanmoins, il ne faut pas tomber dans une paranoïa postulant que partout où l’armée rouge déplace un de ses soldats, Moscou prépare secrètement une guerre ouverte séparatiste. C’est pourtant ce rapprochement hâtif et infondé que l’on retrouve bien souvent dans les médias et que les dirigeants conservateurs utilisent à des fins de politique domestique.

Dès lors, comment interpréter les récentes manœuvres militaires russes en Arctique ?

Le 16 Mars dernier, la Russie menait des exercices militaires d’une ampleur sans précédent dans la région arctique ainsi qu’à travers tout son territoire provoquant l’inquiétude affolée de nombre des médias occidentaux.

Ces mouvements de troupe peuvent être analysés comme une manifestation de la paranoïa omniprésente dans l’esprit des dirigeants russes : la crainte d’un encerclement par les forces de l’OTAN.

Qu’elle soit présumée ou réelle, cette perception de l’échiquier mondial produit des effets dans tous les pans de la politique étrangère russe, y compris pour ce qui est de sa stratégie en Arctique.

Par ailleurs, il convient de relativiser la portée des entraînements militaires de l’armée Rouge. Prévus de longue date, ceux-ci ne doivent pas systématiquement être analysés comme la promesse d’une agression militaire russe imminente.

Tout comme les États-Unis et le Canada, La Russie souhaite protéger son territoire nordique et y développer des infrastructures militaires, civiles et scientifiques à mesure que la fonte des glaces arctiques s’accélère et ouvre de nouvelles perspectives.

Enfin, gardons en tête la taille de du pôle arctique en question. Pour une région aussi vaste, il y a un monde entre l’implantation de quelques bases russes à la frontière septentrionale de la Sibérie et une potentielle menace directe pour la souveraineté Canadienne.

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

Discussion2 commentaires

  1. Tu devrais t’engager dans l’armée canadienne lol ton opinion serais différent et aucune de tes sources sont crédible. Oui il a une menace et les Russe font beaucoup de provocation dans le nord engage toi au opération radar ta vie de petit journaliste qui dit n’importe quoi va t’ouvrir les yeux !

  2. Stephen Trombley

    C’est comme si il avait écrit cet article a la demande du gouvernement Russe ou d’un parti d’opposition canadien. L’article est définitivement biaisé…