La Russie engagée aussi dans la course aux armements dans le Pacifique

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Le système de missiles antinavires mobile Bal-E, équipé de missiles Kh-35 Uran (Pliskin/Wikipédia)
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Le système de missiles antinavires mobile Bal-E, équipé de missiles  Kh-35 Uran (Pliskin/Wikipédia)
Le système de missiles antinavires mobile Bal-E, équipé de missiles Kh-35 Uran (Pliskin/Wikipédia)

La Russie est pleinement engagée dans la course aux armements sous-marins dans le Pacifique, où elle cherche à ne pas se laisser devancer par les autres pays d’Asie, estime le magazine américain The National Interest dans un article paru le 28 avril et repris, non sans fierté, par la très officielle agence russe Ria Novosti.

The National Interest est une revue bimestrielle publié par le groupe de réflexion conservateur créé par l’ancien président américain Richard Nixon le 20 janvier 1994 sous le nom de Nixon Center for peace and freedom et rebaptisé Center for the National Interest (CFTNI) en 2011.

La revue, tout comme le groupe de réflexion, est associée en matière de politique étrangère à l’école réaliste qui croit, notamment, que les États tendent à protéger leurs propres intérêts en menaçant un autre avec l’agression militaire, économique ou politique.

La Russie, dont la présence dans le Pacifique ne cesse d’augmenter, dans la course aux armements par rapport aux autres pays asiatiques, écrit The National Interest dans cet article.

Et elle en cite pour preuve le succès du test le 28 avril par la Flotte russe du Pacifique du système de missiles antinavires BAL. Ce système — déjà en service, notamment en mer Caspienne — est venu équiper la Flotte du Pacifique en 2014.

Le système de missiles antinavires mobile Bal-E,équipé de missiles Kh-35 Uran (SS-N-25 ‘Switchblade’, 3M-24) (Navy recognition)

Le système de missiles mobiles côtière Bal-E est conçu pour contrôler les détroits et les eaux territoriales, protéger les bases navales, d’autres installations côtières et les infrastructures, et défendre la côte dans les zones d’approche d’atterrissage probables.

« Le système de missile peut mener des actions de combat de façon totalement autonome après le lancement des missiles dans des conditions météorologiques favorables ou non , de jour et de nuit, sous le feu et les contre-mesures électroniques de l’ennemi, indique la société d’État russe Tactical Missiles Corporation (JSC), qui a développé le système.

Quant à lui, le missile Kh-35, prévu à l’origine pour être tiré depuis des avions, est une arme subsonique destinée à être employée contre des navires dont le tonnage peut atteindre les 5 000 tonnes.

Prévu à l’origine pour être tiré depuis des avions, le même missile peut également être lancé depuis des hélicoptères ou des batteries lance-missiles côtières.

Toujours selon la revue américaine, le test effectué le 28 avril s’inscrit dans la stratégie russe visant à renforcer le potentiel militaire du pays en Extrême-Orient.

La Russie augmente rapidement le nombre de systèmes sol-air S-400 dans la région et continue à développer sa Flotte du Pacifique. Deuxième formation navale russe pour son importance, cette flotte compte 73 bâtiments, dont 23 sous-marins.
Parmi les acquisitions les plus importantes des forces navales russes en Extrême-Orient figure le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de classe Boreï mis en service en 2013. La Flotte du Pacifique doit recevoir six bâtiments de ce type, ainsi que six SNLE de classe Iassen.

L’augmentation des forces sous-marines répond aux tendances générales qui s’affirment dans la région, affirme la revue.

« Toute l’Asie est actuellement engagée dans une sorte de course aux armements sous-marins. Moscou semble déterminé à ne pas accuser de retard », conclut The National Interest.