La sécurité au cœur du prochain budget et des prochaines élections

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Les ministres de la Sécurité publique et de la Justice, le directeur du SCRS et le commissaire Bob Paulson de la GRC ont tous les quatre témoignés mardi matin, devant un comité parlementaire étudiant le projet de loi antiterroriste C-51. (Archives/45eNord.ca/ParlVU)
Les ministres de la Sécurité publique et de la Justice, le directeur du SCRS et le commissaire Bob Paulson de la GRC ont tous les quatre témoignés mardi matin, devant un comité parlementaire étudiant le projet de loi antiterroriste C-51. (Archives/45eNord.ca/ParlVU)

La sécurité sera au cœur du prochain budget et des prochaines élections législatives canadiennes.Le gouvernement conservateur prévoit se servir du prochain budget fédéral pour souligner dans son message pré-électoral l’importance de la sécurité nationale.
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Mise à jour au 20/04/2015 à 16h11

Mike Cabana, le commissaire adjoint de la GRC, a déclaré cette semaine au comité du Sénat sur la sécurité nationale que la réaffectation de centaines d’agents de la force policière fédérale à l’unité antiterrorisme a nui aux efforts de lutte contre le crime organisé et que la force policière devait trouver une solution à long terme à ce problème de personnel.

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La Presse Canadienne affirme ce matin avoir appris de ses sources, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat parce qu’ils n’étaient pas autorisés à discuter publiquement de cette question, que le budget doit assigner des ressources accrues aux agences de sécurité pour leur permettre d’assumer leurs responsabilités en vertu de la nouvelle législation antiterrorisme.

Le projet de loi antiterrorisme, actuellement à l’étude au Sénat, doit donner au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) plus de pouvoir pour contrecarrer les déplacements des suspects, perturber les transactions bancaires et interférer secrètement avec des sites Web radicaux.

La législation ferait en sorte qu’il serait plus facile pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’obtenir un engagement d’une personne de ne pas troubler la paix pour restreindre les mouvements des suspects et augmenter la période de temps pendant laquelle ils peuvent être placés en détention préventive.

De plus, la nouvelle législation prévoit une liste d’interdiction de vol élargie et le transfert au gouvernement fédéral de la responsabilité de passer au crible la liste des passagers des compagnies aériennes internationales.

C’est après l’assassinat en octobre dernier deux soldats tués par des aspirants-djihadiste qu’a été présentée la nouvelle législation.

Quelques soient les défauts ou les mérites de la nouvelle législation, elle entraînera forcément des coûts supplémentaires si on veut doter les forces de sécurité des ressources nécessaires pour tirer parti des nouvelles lois.

Déjà, les préoccupations concernant la menace terroriste domestique ont contraint la GRC à réaffecter à la lutte au terrorisme plus de 600 agents auparavant affectés au crime organisé et à d’autres domaines.

«Nous avons assez de gens qui travaillent ces cas, mais ils ne faisons pas ce qu’ils sont censés faire», déclarait le commissaire de la GRC Bob Paulson alors qu’il comparaissait devant le Comité de la Sécurité publique de la Chambre des Communes le mois dernier.

Cela a suscité de vives critiques de l’opposition qui a fait valoir qu’avant d’adopter une nouvelle législation restreignant les libetés et qui pourrait contrevenir à la Charte des droits, mieux vaudrait utiliser les pouvoirs qu’ont déjà les forces de sécurité tout en augmentant leurs ressources afin qu’elles puissent véritablement faire leur travail.

L’entente de périmètre de sécurité

En outre, le gouvernement fédéral continue actuellement de déployer de nouveaux aspects de son entente de périmètre de sécurité avec les États-Unis – ce qui requiert aussi des investissements dans les technologies de l’information et des installations modernes aux frontières.

L’Agence des services frontaliers du Canada prévoit déjà de l’investissement de 99 millions de dollars sur cinq ans pour améliorer les bâtiments et pour la mise à niveau de la la technologie pour permettre aux agents de stocker plus d’informations sur les voyageurs.

Plusieurs aspects de l’accord qui doivent être mis en place seront particulièrement coûtiux

Un plan ambitieux prévoit permettre aux responsables de la sécurité de suivre les gens comme ils quittent le Canada pour empêcher les des extrémistes de se joindre à des conflits à l’étranger.

Un programme de police « prochaine génération » de police prévoit créer des équipes intégrées fonctionnaires canadiens et américains dans des domaines tels que les renseignements et les enquêtes criminelles;

Sont aussi prévues des initiatives de sécurité des marchandises visant à accroître la coopération sur le dépistage de expéditions maritimes.

On le voit, comme toujours, l’argent est le nerf de la guerre et aucune législation ne nous dispensera jamais d’affecter les ressources nécessaires au combat contre le terrorisme.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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