La taupe de WikiLeaks, Bradley, devenu Chelsea, Manning raconte sa vie en prison

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Bradley Manning portant une perruque de femme et du maquillage sur une photo non datée fournie par l'armée américaine le 22 août 2013 (Photo: Archives/AFP)
Bradley Manning portant une perruque de femme et du maquillage sur une photo non datée fournie par l’armée américaine le 22 août 2013 (Photo: Archives/AFP)

Chelsea Manning, l’ex-taupe de WikiLeaks anciennement connue sous le nom de Bradley Manning, décrit pour la première fois son quotidien en prison et son enfance marquée par le questionnement sur son identité sexuelle, dans une interview au magazine Cosmopolitan.

Âgée de 27 ans, Chelsea a été condamnée en août 2013 à 35 ans de prison pour avoir transmis plus de 700 000 documents confidentiels au site WikiLeaks, alors qu’elle travaillait comme analyste du renseignement en Irak.

Après sa condamnation, le soldat Bradley Manning avait annoncé qu’il se sentait femme et voulait être reconnu comme étant Chelsea Manning.

Dans sa première interview depuis son incarcération dans la prison militaire de Fort Leavenworth au Kansas, publiée mercredi dans le magazine Cosmopolitan, elle affirme notamment souffrir qu’on lui interdise de se laisser pousser les cheveux : c’est à la fois «douloureux et bizarre».

Chelsea Manning a demandé à l’administration militaire de lui fournir un traitement hormonal pour devenir une femme. Sa demande a été acceptée le 5 février dernier.

Les autorités l’ont autorisée à se maquiller et à porter des sous-vêtements féminins, mais pas à se laisser pousser les cheveux.

Les démarches pour obtenir un traitement médical ont été difficiles, explique-t-elle, parce qu’elle avait l’impression d’être «une blague» aux yeux des autorités militaires.

«Je suis déchirée, poursuit-elle. Les journées se passent à peu près bien, mais la nuit, quand je suis seule dans ma chambre, je finis par m’effondrer».

L’interview a été conduite par courriel, les autorités militaires interdisant aux détenus de parler à des journalistes en personne ou par téléphone.

Élever dans une famille conservatrice de l’Oklahoma, Chelsea Manning dit s’être sentie différente des autres dès l’enfance, et qu’elle aimait porter les vêtements de sa soeur.

Dans sa jeunesse, elle raconte avoir été malmenée par les autres, et s’être souvent sentie seule.

«J’ai passé beaucoup de temps à nier à moi-même l’idée que je pouvais être homosexuelle ou transgenre. Depuis que j’ai 14, 16 ans, je pensais surtout que je traversais des « phases »», explique-t-elle.

Chelsea Manning a ouvert via son réseau de soutien un compte Twitter et a commencé à y publier des messages vendredi dernier.

Dans ses quatre premiers tweets, @xychelsea explique qu’elle utilise un téléphone pour dicter ses messages à ses soutiens hors de la prison, qui alimentent ensuite le compte.

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