Les médias japonais saluent le discours historique d’Abe à Washington

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe devant le Congrès américain Saul mercredi 29 avril 2015 (Loeb/AFP)
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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe devant le Congrès américain Saul mercredi 29 avril 2015 (Loeb/AFP)
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe devant le Congrès américain Saul mercredi 29 avril 2015 (Loeb/AFP)

Les médias japonais ont accueilli positivement jeudi le discours de Shinzo Abe devant le Congrès américain, une première, tout en relevant que le Premier ministre conservateur n’avait pas prononcé d’excuses pour le passé militariste de l’Archipel.

M. Abe, un nationaliste, a offert des condoléances à ses hôtes américains et réitéré ses « profonds remords » pour les crimes commis par l’armée impériale lors de la Seconde Guerre mondiale, mais il s’est abstenu de prononcer le mot « excuse » attendu par les pays asiatiques.

Tous les grands journaux japonais prennent acte des « profonds remords » du Premier ministre qui a publiquement reconnu que les actions du Japon avait « fait souffrir les peuples des pays asiatiques ».

L’influent quotidien économique Nikkei souligne ainsi, pour s’en féliciter, que Shinzo Abe a repris à son compte les déclarations de repentance de ses prédécesseurs sur « l’agression » du Japon.

Sans toutefois les répéter viva voce. Ni mentionner les femmes dites de « réconfort », ces esclaves sexuelles asiatiques livrées à la prostitution pour les soldats de l’armée impériale japonaise en dépit des attentes de la Chine et des deux Corées, comme le signalent les quotidiens de centre-gauche Asahi et Tokyo Shimbun.

À vrai dire, ce qui passionnait le plus les Japonais au lendemain du discours historique de M. Abe était son style déclamatoire hésitant en anglais qui faisait débat sur les réseaux sociaux.

« Il ne fait que lire à haute voix (son discours) mot à mot. Pire qu’un collégien japonais. Cela m’agace », s’irritait sur Twitter un parlementaire de l’opposition, Hiroyuki Konishi.

Ce dernier, ancien étudiant de l’Université de Columbia à New York, s’est à son tour attiré les reproches de ceux qui estiment qu’on ne devrait pas juger des compétences linguistiques d’un Premier ministre.

Shinzo Abe a fait des études en Californie quand il était jeune.