Montréal: le jeune couple de cégépiens radicalisés accusé d’activités terroristes ici même

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L'enseignant et activiste Adil Charkaoui a recommencé en mars à donner des cours au Collège de Maisonneuve, à Montréal, mais ceux-ci se déroulent dorénavant sous surveillance (College de Maisonneuve)
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L'enseignant et activiste Adil Charkaoui a recommencé en mars à donner des cours au Collège de Maisonneuve, à Montréal, mais ceux-ci se déroulent dorénavant sous surveillance (College de Maisonneuve)
L’enseignant et activiste Adil Charkaoui a recommencé en mars à donner des cours au Collège de Maisonneuve, à Montréal, mais ceux-ci se déroulent dorénavant sous surveillance (College de Maisonneuve)

Le jeune couple montréalais radicalisé arrêté le 13 avril et placé en détention depuis a été formellement inculpé ce matin d’activités liées au terrorisme, mais, contrairement aux cas précédents, il ne s’agit plus seulement de tenter de quitter le Canada pour participer à des activités terroristes à l’étranger, mais aussi de planification d’attentat ici même.

Mahdi El Jamali et Sabrine Djaermane, tous deux âgés de 18 ans et étudiants du Collège Maisonneuve, qui comparraissaient ce matin devant la juge Sylvie Kovacevich au Palais de Justice de Montréal, sont accusés non seulement d’avoir tenté de quitter le Canada pour participer à des activités terroristes à l’étranger, mais aussi d’avoir agi au profit d’une organisation terroriste, d’avoir fabriqué à mauvais escient des substances explosives et d’avoir facilité les activités d’un groupe terroriste.

Déjà, en février, la police de Montréal enquêtait sur la disparition d’un groupe de six jeunes Québécois âgés de 18 et 19 ans étudiants eux aussi à Maisonneuve et soupçonnés d’être partis pour se joindre à des groupes djihadistes en Syrie.

Puis, à ce nombre s’ajoutait en mars un septième jeune Québécois parti vers la Turquie dont les autorités ont perdu la trace qui étudiait lui-aussi à ce collège de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve où le professeur, activiste et leader musulman Adil Charkaoui louait des salles pour y enseigner l’arabe et le Coran.

Le jeune Jamali suivait lui aussi les enseignements d’Adil Charkaoui.

[pullquote]Je félicite la Gendarmerie royale du Canada pour leur vigilance en vue d’assurer la sécurité de nos collectivités. Je tiens également à souligner l’appui important du public, et remercier les citoyens qui ont aidé les agences de sécurité nationale dans cette enquête.
Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique[/pullquote]

Mais, cette fois, le cas semble particulièrement grave avec la découverte chez l’un des accusés de matériel qui peuvent servir à fabriquer des explosifs ou engins incendiaires.

Certes, on peut se procurer légalement les substances saisies lors d’une perquisition la semaine dernière, mais elle n’en sont pas inoffensives pour autant. D’autant plus que de nombreux sites de propagande djihadiste sur l’internet expliquent très clairement comment fabriquer des explosifs à partir de ces substances qu’on peut se procurer sans difficulté.

Le jeune couple, avec des accusation d’avoir agi au profit d’une organisation terroriste, d’avoir fabriqué à mauvais escient des substances explosives et d’avoir facilité les activités d’un groupe terroriste, fera donc face maintenant à toute la rigueur de la justice et on connaîtra les détails sur les objectifs concrets des accusés lors de la divulgation de la preuve.

Pour l’instant, Mahdi El Jamali et son ami de cœur, Sabrine Djaermane demeurent encore détenus, séparément, dans l’attente de leur enquête pour remise en liberté qui s’annonce ardue.

En effet, comme il s’agit d’un dossier lié au terrorisme, il y a renversement du fardeau de la preuve pour la libération et ce sera maintenant aux accusés de faire la preuve qu’ils peuvent être libérés sans danger, et non à la couronne de démontrer qu’il y a des raisons valables de les garder détenus.

Quant à Charkaoui, il a pu en mars recommencer à donner des cours au Collège de Maisonneuve, à Montréal, bien que ceux-ci se dérouleront désormais sous surveillance d’un observateur… En outre, dans le cadre de la lutte à la radicalisation, une policière spécialisée s’installera dorénavant dans l’établissement.