Opération Impact: les CF-18 canadiens en mesure de frapper l’EI en Syrie bientôt

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Un CF-18 canadien de l'opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)
Un CF-18 canadien de l’opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)

Selon le brigadier-général Daniel Constable, responsable de l’opération IMPACT, les Forces armées canadiennes seront en mesure de commencer bientôt des frappes « chirurgicales » en Syrie quand la coalition le lui demandera.

« Nous en sommes à la phase de planification, toutes les pièces du puzzle sont en place », a déclaré le brigadier-général depuis le Koweït lors d’une téléconférence. « Tout le monde est enthousiaste et ça ne devrait plus beaucoup tarder ».

Les CF-18 sauront se défendre

Lundi, au moment du vote de la motion autorisant la prolongation et l’extension à la Syrie de la mission de lutte contre l’EI, le Premier ministre Stephen Harper avait annoncé qu’il ne demandera pas le consentement clair au président syrien Bachar al-Assad pour frapper sur son territoire, sous entendant ainsi une certaine connivence entre les deux gouvernements.

Pour sa part, le ministre de la Défense nationale, Jason kenney, avait déclaré qu’«aucun appareil de la coalition internationale n’a été touché par des tirs du gouvernement syrien jusqu’à maintenant», soulignant que les batteries de missiles et radars de défense aérienne du gouvernement syrien ne sont pas présents dans les régions que viseront les CF-18.

Il y a pourtant plusieurs sites actifs de défense aérienne du régime syrien là où les CF-18 canadiens sont susceptibles d’effectuer des frappes.

Sur cette question, impossible d’obtenir des éclaircissements.

Le brigadier-général a refusé de dire si les pilotes ont reçu l’ordre d’attaquer les batteries de défense aérienne syriennes qui les prendraient comme cible, et n’a fait aucun commentaire sur l’état de système d’alerte radar syrien.

Le brigadier-général a simplement indiqué que le commandement « s’assure que nos équipages comprennent bien le territoire qu’ils vont survoler ».

À l’instar des hommes politiques, le responsable militaire de l’opération a aussi répété ce matin que cela ne devrait pas présenter plus de problèmes qu’en Irak, ajoutant toutefois que les CF-18 étaient dotés de caractéristiques d’auto-défense que les pilotes canadiens connaissent bien et savent utiliser.

Sur ce sujet, il semble bien que plusieurs questions resteront donc sans réponse jusqu’à la fin de mission, sécurité opérationnelle oblige, d’autant plus que le sujet est politiquement « toxique »…

La force aérienne canadienne absente de Tikrit

C’est le centre de commandement de la coalition, dirigée par le général américain James Terry, qui répartit les forces tactiques et établit les priorités « et nous devons exécuter les missions aériennes conformément aux priorités établis par général Terry », a aussi dit le chef militaire canadien pour expliquer l’absence des avions canadiens lors de la bataille de Tikrit.

  • Le 31 mars, à l’ouest de Mossoul, des appareils CF-18 Hornet ont frappé avec succès une position de combat appartenant au groupe armé État islamique (EI).
  • Le 30 mars, à proximité de Ramadi, les chasseurs canadiens ont frappé deux positions de combat appartenant au groupe djihadiste.
  • Le 27 mars, des CF-18 canadiens ont réussi à frapper des positions de combat de l’EI Sud-Ouest de Falloujah au moyen.
  • Le 25 mars, au Nord-est de Mossoul, les avions de chasse canadiens ont exécuté avec succès des frappes sur une enceinte de l’EI.
  • Le 24 mars 2015, les avions canadiens ont frappé un véhicule comportant un dispositif explosif de circonstance et du matériel lourd du génie appartenant au groupe djihadiste au Nord de Falloujah.

Toutes les frappes ont été effectuées à l’aide de munitions à guidage de précision.

Par ailleurs, les forces irakiennes, avec l’appui de la coalition, ont fait des gains importants, reprenant du terrain aux djihadistes, a tenu à souligner le brigadier-général Constable

Au nord du pays, elles ont encerclé Tikrit et se positionnent autour de Mossoul.

À l’ouest, elles ont aussi fait des progrès autour de Falloujah.

Au 31 mars, la Force opérationnelle aérienne en Irak a effectué 710 sorties aériennes :

  • Les chasseurs CF-18 ont effectué 464 sorties;
  • L’aéronef de ravitaillement CC-150T a effectué 118 sorties et a acheminé environ 6 931 000 livres de carburant; et
  • Les aéronefs de patrouille CP-140 ont mené 128 missions de reconnaissance.

Par contre, a fait observer le commandant de la Force opérationnelle aérienne canadienne, les djihadistes sont de plus en plus méfiants et ont changé de tactique pour transporter l’équipement lourd d’Irak en Syrie.

«Ils ne se montrent pas comme ils le faisaient. Ils commencent à s’adapter », a dit le brigadier-général.

Les djihadistes transportent les équipement par petites charges dans une tentative de se dissimuler et d’éviter que leurs activités ne soient repérées du haut des airs.

Une mission d’un demi milliard $

Par ailleurs, après avoir dans un premier temps, déclaré que les coût de la mission étaient classés « secret », le gouvernement a finalement révélé par la bouche de son ministre de la Défense nationale Jason Kenney qu’il prévoit ainsi dépenser 406 millions $ pour la mission en Irak au cours du prochain exercice financier qui s’est amorcé mercredi.

Ce montant s’ajoute aux 122,5 millions $ prévus au cours de l’exercice financier précédent.

«Si on se fie au passé, ce chiffre augmentera mais c’est notre meilleure estimation. Le conseil des ministres a approuvé des dépenses supplémentaires en se basant sur cette estimation.»

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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