Préoccupations militaires et crise ukrainienne s’invitent au Conseil de l’Arctique

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Les militaires des Forces canadiennes s'entraînent régulièrement dans l'Arctique afin d'affirmer la souveraineté du pays sur ce territoire (Photo: Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Les militaires des Forces canadiennes s’entraînent régulièrement dans l’Arctique afin d’affirmer la souveraineté du pays sur ce territoire (Photo: Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

La crise ukrainienne s’invite au Conseil de l’Arctique avec Ottawa qui compte se servir de la prochaine réunion de deux jours des ministres des pays de l’Arctique et des six organisations autochtones qui se tiendra du 24 au 25 avril au bord de l’océan Arctique dans la capitale du territoire canadien du Nunavut, Iqaluit, pour dénoncer «l’agression militaire» de la Russie envers l’Ukraine.

La ministre de l’Environnement et présidente du Conseil Leona Aglukkaq a déclaré qu’elle ferait part de ses critiques à la Russie lors de cette réunion, rapporte la Presse Canadienne.

La présidence du Conseil est tournante et, à l’issue de la réunion de Kiruna, le 15 mai 2013 en Suède, le Canada a pris la présidence du Conseil de l’Arctique, après six années de gouvernance scandinave Plusieurs observateurs accusent le Canada d’avoir éloigné le Conseil de ces missions premières.

Fondée en 1996, en grande partie à l’initiative du Canada, le Conseil est un forum intergouvernemental traitant des problématiques rencontrées par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et les peuples autochtones de la région.

Il réunit les huit États Arctique (Finlande, Suède, Norvège, Islande, Danemark, Russie, États-Unis, Canada) ainsi que six communautés autochtones comme membres permanents.

L’une des préoccupations essentielles du Conseil devrait être, notamment, la recherche et le développement des ressources naturelles. Les réunions ne sont donc pas censées porter sur les questions militaires ou de défense.

Avec la crise entre la Russie et l’Ouest, les questions environnementales et de protection des populations de l’Arctique ont toutefois cédé la vedette à des préoccupations d’un tout autre ordre, alors que Moscou ne cesse de renforcer sa présence militaire dans l’Arctique et que les relations avec le Kremlin ne cessent de se dégrader, la récente décision du gouvernement Harper d’envoyer des troupes en Ukraine n’étant pas pour arranger les choses.

En avril 2014, le Canada n’avait carrément pas pris part à une rencontre du Conseil de l’Arctique, à Moscou, sur les émissions de carbone noir et de méthane dans l’Arctique, même si le Canada assurait déjà la présidence du Conseil. Un geste de représailles contre l’annexion de la Crimée par la Russie.

À la réunion des 24 et 25 avril, la Russie sera, elle, représentée par son ministre de l’Environnement, Sergeï Donskoï, le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov ayant quant à lui jugé qu’il avait mieux à faire.

Selon le ministère des Affaires étrangères de la Finlande, l’un des pays membres du Conseil, il est «regrettable que tous les ministres des Affaires étrangères ne soient pas là ».

Les priorités des Américains devraient quant à elles être assez différentes des Canadiens. Les États-Unis ont indiqué qu’ils voulaient mettre de l’avant les changements climatiques pendant leur présidence de deux ans. Ils ont déjà élaboré des mesures visant à protéger l’environnement de l’Arctique, notamment en ce qui a trait à la pollution marine.

Ils tenteront de trouver un autre type de combustible pour les communautés nordiques, qui doivent actuellement utiliser des génératrices à diesel coûteuses et relativement polluantes.

Mais, quoi qu’il en soit, et peu importe à qui incombe la faute, la crise ukrainienne, les mauvaises relations avec la Russie et les préoccupations militaires auront bien «pourri» les deux années de présidence canadienne.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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