Réunion du Conseil de l’Arctique à Iqaluit: le ministre russe des Affaires étrangères «passe son tour»

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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le 17 septembre 2013 à Moscou ( Alexander Nemenov/AFP)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le 17 septembre 2013 à Moscou (Archives/Alexander Nemenov/AFP)

La réunion du Conseil de l’Arctique que préside le Canada une dernière fois avant la fin de son mandat se fera sans la ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ne participera pas à la prochaine réunion du Conseil de l’Arctique ce mois-ci à Iqaluit, la Russie ne voyant pas «la nécessité» d’y envoyer son chef de la diplomatie.

L’ambassade de Russie à Ottawa a récemment annoncé que le chef de la diplomatie russe a choisi de se retirer de la réunion de deux jours des ministres des pays de l’Arctique et et six organisations autochtones qui se tiendra du 24 au 25 avril dans la capitale du territoire canadien du Nunavut, au bord de l’océan Arctique,

Au lieu de cela, la Russie enverra plutôt son ministre de l’environnement et des ressources naturelles.

Fondée en 1996, en grande partie à l’initiative du Canada, le Conseil est un forum intergouvernemental réunissant les huit États Arctique (Finlande, Suède, Norvège, Islande, Danemark, Russie, États-Unis, Canada) ainsi que six communautés autochtones comme membres permanents. Plusieurs autres pays ou ONG ont, pour leur part, le statut de membre observateur.

La première rencontre ministérielle du Conseil de l’Arctique s’est d’ailleurs tenue à Iqaluit en 1998.

La présidence du Conseil est tournante et, à l’issue de la réunion de Kiruna, le 15 mai 2013 en Suède, le Canada a pris la présidence du Conseil de l’Arctique, après six années de gouvernance scandinave.

Mais, bien vite, aux questions environnementales et de protection des populations de l’Arctique, s’est ajouté avec la crise entre la Russie et l’Ouest des préoccupations militaires, alors que Moscou ne cesse de renforcer sa présence militaire dans l’Arctique et que les relations avec les Russes ne cessent de se dégrader, la récente décision du gouvernement Harper d’envoyer des troupes en Ukraine n’étant pas pour arranger les choses.

En avril 2014, c’était le Canada qui n’avait carrément pas pris part à une rencontre du Conseil de l’Arctique, à Moscou,sur les émissions de carbone noir et de méthane dans l’Arctique, même si le Canada assurait déjà la présidence du Conseil. Un geste de représailles contre la récente annexion de la Crimée par la Russie.

Michael Byers, de la Chaire de recherche du Canada en politique mondiale et droit international à l’Université de la Colombie-Britannique, cité par la télévision publique canadienne, affirme toutefois que ce n’est pas en raison de tensions récentes entre le Canada et la Russie sur le conflit en Ukraine que le ministre Lavrov ne sera pas Iqaluit.

Selon les chercheur, les Russes ne considèrent tout simplement pas que quelque chose d’important en matière de la politique étrangère sera accompli à Iqaluit. »

Un fonctionnaire de ministère des Affaires étrangères de la Finlande, l’un des pays membres du Conseil, a cependant déclaré pour sa part qu’il est « regrettable que tous les ministres des Affaires étrangères ne soient pas là ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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