Un historien appelle à retrouver les dépouilles de soldats canadiens disparus lors de la Grande guerre

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Selon Norm Christie, chercheur et historien à l’Université d’Ottawa, les dépouilles de 44 soldats canadiens giseraient encore sous le sol français à l’endroit où s’est déroulée la bataille de la crête de Vimy en avril 1917. L’historien en appelle à exhumer les restes de ces combattants oubliés et à honorer leur mémoire.

Entre 1914 et 1918, le Canada a envoyé 620.000 soldats sur le front européen. Environ 10% furent tués et 172.000 d’entre eux ont été blessés. On estime encore aujourd’hui que 20.000 des combattants décédés sont toujours «disparus» et n’ont pu recevoir ni les honneurs, ni l’enterrement et la tombe que leur sacrifice mérite.

En effet, si beaucoup d’entre eux ont été enterrés sous une tombe anonyme dans les années d’après guerre, d’autres dépouilles sont restées enfouies dans les champs de batailles creusés et déformés par les affrontements et nombreuses explosions.

Selon Norm Christie, ce serait le cas de 44 soldats canadiens du régiment écossais de l’Armée canadienne, plus précisément appartenant au 16ème bataillon de la 3e brigade de la première division canadienne.

Lors de ses recherches, l’historien a remarqué un écart entre le nombre de tombes inscrites dans les registres et le nombre de ceux dont les restes sont portés disparus dans les différents cimetières de la région, y compris celui connu sous le nom du cratère de Ziry, où 48 soldats ont été initialement enterrés.

«Il est presque certain qu’il y a au moins 44 hommes sous ce champ de bataille. Toutes les recherches et les données d’études semblent l’indiquer».

Si leur mort avait bien été prise en compte, leurs restes n’ont jamais été exhumés et enterrés dans aucun des cimetières bâtis après la Première Guerre mondiale explique l’historien.

«Ils ont trouvé la mort dans l’une des grandes batailles de la guerre et nous devons leur faire l’honneur de récupérer leur corps» soutient Norm Christie, qui espère lever 100.000 $ via des dons privés ou de la part du gouvernement pour exhumer les restes de ces soldats canadiens grâce à l’utilisation d’ultrasons et de radars souterrains.

«Nous devrions honorer nos combattants morts car ils sont une part entière de notre histoire»

Auteur de plusieurs séries documentaires et de près d’une vingtaine d’ouvrages relatifs à l’histoire militaire du canada, Norm Christie milite pour faire connaître et reconnaître le passé militaire du Canada. Pour l’historien il s’agit là d’une véritable source de fierté pour le peuple canadien qui méconnaît trop souvent cet aspect de son histoire.

En cause selon lui, les efforts répétés du gouvernement libéral Mackenzie King de gommer et de minimiser la participation canadienne à la Grande guerre dans les années d’après guerre. Celui-ci ne voulant pas se mettre à dos son électorat québécois ni risquer de rappeler aux anciens combattants qu’il n’avait pas participé aux hostilités.

Cette posture anti-militaire reprise au fil des gouvernements trouve encore aujourd’hui un écho non négligeable au sein de la société canadienne déplore l’historien.

Christie y voit une lacune éminente dans la construction identitaire  canadienne: «L’Histoire est le cœur et l’âme de notre société. C’est d’elle que vous tirez votre fierté, votre sens de l’identité, et parce que les Canadiens manquent d’une dimension de leur histoire, il leur manque une certaine fierté.»

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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