Yémen: le vice-président appelle les soldats pro-rebelles à rejoindre l’Etat

Le Premier ministre yéménite Khaled Bahah, le 18 décembre 2014 à Sanaa, peu après la formation de son gouvernement (Mohammed Huwais/AFP)
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Le Premier ministre yéménite Khaled Bahah, le 18 décembre 2014 à Sanaa, peu après la formation de son gouvernement (Mohammed Huwais/AFP)
Le Premier ministre yéménite Khaled Bahah, le 18 décembre 2014 à Sanaa, peu après la formation de son gouvernement (Mohammed Huwais/AFP)

Le vice-président yéménite en exil Khaled Bahah a appelé jeudi toutes les forces de sécurité ralliées à la rébellion chiite à revenir dans le giron gouvernemental et a souhaité une action internationale urgente pour secourir la population.

J’appelle toutes les forces armées et de sécurité à revenir dans le giron des institutions légitimes de l’Etat, a déclaré M. Bahah lors d’une conférence de presse à Ryad où s’est réfugié le président Abd Rabbo Mansour Hadi après avoir été poussé par les rebelles à fuir le Yémen.

M. Bahah, qui cumule depuis lundi les fonctions de Premier ministre et de vice-président, s’adressait aux unités restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, engagées aux côtés des rebelles chiites Houthis dans leur offensive au Yémen.

Que chaque officier reconsidère sa position et revienne dans la juste voie, a-t-il déclaré tout en se disant convaincu que la plupart des officiers et soldats (rebelles) ne s’impliqueront pas davantage dans le déchirement de la patrie.

M. Bahah a qualifié de priorité absolue la situation humanitaire dans son pays, où la population souffre d’une pénurie de vivres et de médicaments en plus d’un manque d’eau, d’électricité et de carburant.

Cela nécessite une action urgente aux plans régional et international, a-t-il dit, en mettant en garde contre le risque de catastrophe humanitaire assurée si rien n’est entrepris.

Il a rendu les rebelles et leurs alliés responsables de cette situation, affirmant que les partisans du chef de l’Etat cherchent à sauver le pays et non à le détruire.

Pour revenir à la table des négociations, les milices des Houthis et de Saleh doivent appliquer immédiatement et sans retard les résolutions de l’ONU, a-t-il indiqué.

Dans sa dernière résolution adoptée mardi, le Conseil de sécurité a sommé les rebelles de se retirer des zones du Yémen qu’ils ont conquises, et leur a imposé des sanctions, dont un embargo sur les armes.

Les miliciens chiites ont pris le pouvoir en janvier à Sanaa, poussant à la fuite le président Hadi, avant d’avancer dans le sud où ils ont atteint la ville d’Aden le 26 mars, jour du début des raids aériens d’une coalition arabe conduite par le royaume sunnite saoudien.

Nous espérons toujours qu’il n’y aura pas d’opération terrestre parallèlement à la campagne aérienne pour éviter davantage de victimes, a dit jeudi M. Bahah.

Selon l’ONU, plus de 730 personnes ont été tuées et plus de 2.700 blessées, en majorité des civils, depuis le début du conflit.

Le haut responsable yéménite a en outre plaidé pour des relations de bon voisinage avec l’Iran, tout en demandant à ce pays d’arrêter de déstabiliser le Yémen.

Il a expliqué la tournure violente de la crise par la pauvreté qui sévit au Yémen, pays voisin de riches monarchies pétrolières.

Notre position géographique est dans le Golfe, mais notre niveau de vie est voisin de ceux des pays africains les plus pauvres, a dit M. Bahah. La faiblesse de nos forces armées est la conséquence de cette situation. On peut acheter leur loyauté avec de l’argent.