Yémen: l’ex-médiateur de l’ONU critique l’embargo contre les Houthis

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Des membres de la milice chiite des Houthis le 11 février 2015 à Sanaa (Moohammed Huwais/AFP)
Des membres de la milice chiite des Houthis le 11 février 2015 à Sanaa (Moohammed Huwais/AFP)

L’ancien médiateur de l’ONU au Yémen, Jamal Benomar, a critiqué lundi l’embargo sur les armes imposé par l’ONU aux miliciens chiites houthis, estimant qu’il pourrait ralentir l’aide humanitaire aux Yéménites.

M. Benomar a rendu compte pour la dernière fois lundi, à huis clos, devant le Conseil de sécurité, de sa médiation infructueuse avant de passer le relais au diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed.

« J’ai prévenu le Conseil, a-t-il déclaré ensuite à la presse, que l’application du nouvel embargo sur les armes prévu par la résolution de l’ONU pourrait par inadvertance restreindre la livraison de denrées commerciales indispensables et d’aide humanitaire aux Yéménites, y compris de la nourriture, du carburant ou du matériel médical ».

« Nous avons eu des informations sur de tels incidents récemment », a-t-il ajouté sans donner d’autre détails.

L’embargo imposé récemment par l’ONU aux seuls miliciens chiites houthis, dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité proposée par les pays du Golfe, implique la possibilité d’arraisonner au large des côtes yéménites des navires soupçonnés de livrer des armes aux Houthis.

M. Benomar a aussi affirmé que les protagonistes de la crise yéménite qui négociaient sous son égide « étaient très proches d’un accord » de partage du pouvoir dans les deux semaines qui ont précédé l’intervention militaire lancée le 26 mars contre les Houthis par une coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite.

« Ils auraient pu conclure » cet accord, a-t-il ajouté, précisant que le dernier obstacle était « la question de la présidence ».

« L’échec de la transition politique n’est pas la faute d’un seul camp mais a été provoqué par des erreurs accumulées à des degrés divers par tous les protagonistes », a-t-il estimé.

« On ne pourra remettre le processus politique sur ses rails et obtenir une paix durable que par une négociation entre Yéménites et sans interférence ou coercition de la part de forces extérieures », a encore déclaré M. Benomar, critiquant ainsi implicitement les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

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