Afghanistan: plus de 70 blessés dans un attentat suicide taliban au camion piégé

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Un soldat et un policier afghans sur les lieux d'un attentat des talibans, le 21 octobre 2014 à Kaboul (Wakil Kohsar/AFP)
Un soldat et un policier afghans sur les lieux d’un attentat des talibans, le 21 octobre 2014 à Kaboul (Wakil Kohsar/AFP)

Plus de 70 civils afghans ont été blessés lundi lorsqu’un kamikaze taliban a précipité un camion chargé d’une tonne d’explosifs contre un complexe gouvernemental dans le sud du pays, où la rébellion des talibans est très active, selon les autorités locales.

Des femmes et enfants font partie des victimes de cette attaque menée à l’entrée du complexe qui abrite notamment le gouvernement provincial à Qalat, capitale de la province de Zaboul.

« 73 personnes ont été blessées » dans cette attaque, a déclaré à l’AFP le chef adjoint de la police provinciale, Ghulam Jilani Farahi.

Quatre de ces blessés se trouvaient lundi après-midi dans un état critique, a précisé le chef de la police provinciale, Mirwais Noorzai, en ajoutant que « près d’une tonne d’explosifs » avait été utilisée dans l’attaque.

L’attentat a été revendiqué par les rebelles talibans, chassés du pouvoir par les Occidentaux à la fin 2001 et qui luttent depuis contre le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Otan.

Les talibans ont lancé fin avril leur traditionnelle « offensive de printemps », qu’ils ont baptisée « Azm » (« Détermination »), marquée depuis par des attentats réguliers et des combats quasi quotidiens contre les forces de sécurité afghanes, notamment dans leurs bastions du Sud.

Les attaques n’épargnent pas la capitale, Kaboul, où un attentat taliban à la voiture piégée a tué quatre personnes et blessé des dizaines de personnes mardi dernier sur le parking du ministère de la Justice.

Bien que les talibans disent viser avant tout les forces de sécurité afghanes, qui payent un lourd tribu au conflit, et leurs alliées occidentales, ces attaques tuent de plus en plus de civils, selon l’ONU, qui a recensé une hausse de 16% du nombre de victimes civiles dans les 4 premiers mois de 2015 par rapport à la même période de 2014.

Le gouvernement afghan est critiqué pour son incapacité à mettre fin à ces violences, favorisées selon ses détracteurs par la récente vacance du pouvoir dans certains secteurs, le gouvernement n’ayant toujours pas fini de former son gouvernement, plus de six mois après l’intronisation du président Ashraf Ghani, successeur d’Hamid Karzaï.

Jeudi dernier, M. Ghani a proposé Mohammad Masoom Stanekzai, secrétaire du Haut conseil pour la paix, un organisme chargé de rallier les talibans à des négociations de paix, au poste de ministre de la Défense, une proposition qui devra être approuvée par le parlement.

Ce poste clé est resté vacant jusqu’ici en raison de désaccords entre M. Ghani et son chef de l’exécutif, son ancien rival à l’élection présidentielle de 2014, Abdullah Abdullah, qui soutenait un autre candidat.

La nouvelle « saison des combats » est la première sans la présence massive des forces internationales, après les 13 années de conflit qui ont suivi la chute du régime taliban en 2001.

Depuis le départ de l’essentiel des troupes de combat de l’Otan en décembre, les forces de sécurité afghanes sont seules face à l’insurrection talibane. Une force résiduelle de quelque 12.500 hommes est restée sous la bannière de l’Otan pour assurer la formation de l’armée locale jusqu’en 2016.

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