Afghanistan/Pakistan: Ghani et Sharif s’affichent ensemble contre le terrorisme

0
Le Premier ministre Nawaz Sharif à Kaboul le 30 novembre 2013 (Archives)
Le Premier ministre Nawaz Sharif à Kaboul le 30 novembre 2013 (Archives)

Le président afghan Ashraf Ghani et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif ont affirmé mardi à Kaboul leur volonté de combattre le terrorisme ensemble, confirmant le rapprochement diplomatique entre les deux pays.

« Cette guerre n’est pas seulement pour nous, le terrorisme régional et international nous a imposé cette guerre », a déclaré M. Ghani à l’issue de sa rencontre avec M. Sharif, alors que la « saison des combats » entre Kaboul et les insurgés talibans fait rage en Afghanistan.

« Le pays qui souffre le plus de cette situation est le Pakistan. Ensemble l’Afghanistan et le Pakistan devraient mener cette guerre », a-t-il ajouté à l’occasion de la première visite du Premier ministre pakistanais à Kaboul depuis l’investiture d’Ashraf Ghani en septembre dernier.

De son côté, M. Sharif, également confronté chez lui à une sanglante rébellion talibane, a assuré que les ennemis de l’Afghanistan ne pouvaient être amis avec le Pakistan.

« Des opérations coordonnées seront planifiées et conduites mutuellement pour viser les sanctuaires terroristes le long de la frontière », a dit M. Sharif, accompagné lors de cette visite par le chef de l’armée pakistanaise, le général Raheel Sharif.

Ces nouvelles déclarations d’intention confirment le réchauffement des relations entre les deux voisins, souvent tendues ces dernières années. Le Pakistan et l’Afghanistan, deux alliés officiels des Etats-Unis, s’accusaient mutuellement de jouer un double jeu et de soutenir des groupes rebelles islamistes autour de leur longue et poreuse frontière.

Le départ à l’automne dernier du président afghan Hamid Karzaï, très critique vis-à-vis du Pakistan, et son remplacement par M. Ghani a créé un contexte plus favorable à des négociations. Le président afghan, a répété à plusieurs reprises depuis son arrivée au pouvoir en septembre, qu’il faisait de la paix l’une de ses priorités.

Depuis, et même si une certaine méfiance persiste, deux attentats particulièrement meurtriers ont fait bouger les lignes entre les deux pays, rendant un rapprochement nécessaire: l’un à Yahya Khel en Afghanistan en novembre où près de 50 personnes ont été tuées, et l’autre dans une école de Peshawar au Pakistan en décembre qui a fait 153 morts, dont plus de 130 enfants ou adolescents.

Kaboul souhaite notamment qu’Islamabad, historiquement proche des rebelles talibans afghans, pousse ces derniers à accepter enfin d’ouvrir des négociations de paix entre Afghans.

M. Ghani s’était rendu en visite officielle à Islamabad en novembre. Les deux hommes avaient alors misé sur la coopération économique pour resserrer leurs liens.

Les commentaires sont fermés.