Arrestation de 10 jeunes Montréalais radicalisés à l’aéroport Montréal-Trudeau

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Aéroport Montréal Trudeau (WikiCommons)
Aéroport Montréal Trudeau (WikiCommons)

L’Équipe intégrée sur la sécurité nationale (EISN) a mené ce week-end une série d’arrestations pour perturber les intentions d’une dizaine de Montréalais qui sont soupçonnées avoir eu l’intention de quitter le pays pour rallier les rangs de groupes djihadistes, a finalement admis la police fédérale.

Les arrestations se sont déroulées à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, alors que les jeunes gens s’appêretaient à quitter le pays pour rendre en Syrie, via la Turquie.

Hier, le quotidien montréalais La Presse annonçait que la GRC avait mené au cours des derniers jours dans la région de Montréal la plus grosse vague d’arrestations préventives en matière de terrorisme au Canada depuis les attentats d’octobre dernier qui avaient coûté la vie à deux militaires canadiens, mais la police fédérale n’avait, pour sa part, émis aucun commentaire.

Finalement, la GRC a publié un communiqué hier tard en soirée.

« Étant donné qu’aucune accusation n’a été déposée et que l’enquête se poursuit dans cette affaire, la GRC ne pourra commenter sur les détails ayant mené aux arrestations. Notons que les familles et les proches des jeunes ont été rencontrés par les enquêteurs. Les passeports des 10 jeunes leur ont tous été retirés », note la police fédérale.

Depuis février dernier, il ne se passe pas un mois sans qu’on annonce une ou plusieurs nouvelles arrestations de jeunes aspirants terroristes. Des jeunes gens qui vivaient parmi nous, qui auraient pu être nos voisins ou les amis de nos enfants.

En février, la police de Montréal enquêtait sur la disparition d’un groupe de six jeunes Québécois âgés de 18 et 19 ans étudiant à Maisonneuve soupçonnés d’être partis pour se joindre à des groupes djihadistes en Syrie.

Puis, à ce nombre s’ajoutait en mars un septième jeune Québécois parti vers la Turquie dont les autorités ont perdu la trace qui étudiait lui-aussi à ce collège de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve où le professeur, activiste et leader musulman Adil Charkaoui louait des salles pour y enseigner l’arabe et le Coran.

En avril, Mahdi El Jamali et Sabrine Djaermane, tous deux âgés de 18 ans et étudiants du Collège Maisonneuve, avaient été arrêtés, placés en détention, puis formellement inculpé le 20 avril d’activités liées au terrorisme.

Peu avant, deux autres Montréalais, Daniel Minta Darko et Merouane Ghalmi, se sont aussi récemment fait imposer en vertu de l’article 810.01 du Code criminel, de sévères conditions, dont le port d’un bracelet GPS, parce que les autorités craignaient qu’ils commettent un acte terroriste.

Collaboration des parents

Il semble que ce soit les parents inquiets de certains suspects qui ont alertés la police et lui ont ainsi permis de mettre la main au collet de ces jeunes aspirants-djihadistes avant qu’il ne s’envolent.

« C’est un moment très difficile pour les familles des personnes arrêtées », souligne la police fédérale dans son communiqué, ajoutant « que la décision de partir n’est pas celle de la famille mais bien celle d’un individu membre de la famille. Conséquemment, la famille se retrouve souvent complètement désemparée et dans une totale incompréhension envers leur proche ».

Vigilance accrue des autorités

Pour sa part, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a félicité aujourd’hui la GRC et l’Équipe intégrée de la sécurité nationale « de leur vigilance continue en vue de protéger nos rues et nos collectivités contre la menace terroriste continue ».

Depuis les récents événements qui ont secoué la communauté, les autorités son devenues hyper-vigilantes. Au Québec, la Structure de gestion policière contre le terrorisme (SGPCT) composée de la GRC, du Service de police de la Ville de Montréal et de la Sûreté du Québec collabore avec les divers services de police municipaux pour mener des opérations comme celles de ce week-end.

« Le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre au Canada. Nous ne resterons pas sur les lignes de côté, mais nous nous joindrons plutôt à nos alliés afin d’affaiblir et de vaincre l’EI », a poursuivi Steven Blaney.

« C’est la raison pour laquelle notre gouvernement a introduit la Loi antiterroriste de 2015 afin de donner à nos forces policières, dont la GRC, la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal les outils dont ils ont besoin pour protéger les Canadiens contre les menaces terroristes djihadistes en évolution constante. », a conclu le ministre.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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