Un avion militaire s’écrase à Séville: au moins quatre morts et deux blessés graves

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L'avion militaire espagnol A400M, qui s'est écrasé près de Séville samedi matin, 9 mai 2015 (Flight Record)
L’avion militaire espagnol A400M, qui s’est écrasé près de Séville samedi matin, 9 mai 2015 (Flight Record)

Un avion de transport militaire A400 M s’est écrasé samedi près de Séville, dans le sud de l’Espagne, avec à bord 6 membres du personnel d’Airbus, le constructeur de l’aéronef. L’accident a fait au moins quatre morts et deux blessés, l’un dans un état grave, l’autre, très grave, et l’appareil a été réduit en cendres.
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Mise à jour au 09/05/2015

L’armée allemande a décidé de clouer au sol l’Airbus A400M qui lui avait été livré fin 2014 jusqu’à ce que les circonstances de l’accident soient clarifiées. La Grande-Bretagne a fait de même.

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Le constructeur Airbus Defence and Space, filiale du groupe aéronautique européen qui assemble l’A400M dans son usine de Séville, en Andalousie, a indiqué dans un communiqué que cet avion était destiné à la Turquie.

L’avion, immatriculé MSN23, effectuait son premier vol d’essai avant la livraison et il devait être, en juin, le troisième à être livré aux Turcs, qui ont reçu leur premier A-400 M en avril dernier.

Le six membres du personnel d’Airbus à bord étaient le pilote, le copilote, un mécanicien et trois ingénieurs.

L’appareil s’est écrasé «dans une zone inhabitée au nord de l’aéroport de Séville» [à 1,6 km de l.aéroport en fait, NDLR], ont indiqué les services d’urgence de la région. L’avion a percuté un pylône électrique peu après avoir prévenu les contrôleurs du trafic aérien qu’il éprouvait des problèmes.

Un tas de cendres, une partie du pylône détruit, et l’épave de l’avion, y compris ses roues, sont encore visibles sur le site au moment d’écrire ces lignes..

Une des premières personnes à arriver sur les lieux, cité par le quotidien espagnol El País, a déclaré que « presque tout l’avion avait été transformée en cendres. »

L’aéroport de Séville brièvement fermé

L’avion s’est écrasé près de l’aéroport, avec 6 personnes à bord.

L’aéroport de Séville qui avait été fermé au trafic à 13h33 (7h33, heure de Montréal), alors que sa brigade de pompiers s’affairait sur le site de l’accident, en dehors de l’enceinte, a été réouvert à 14h50 (8h50, heure de Montréal), selon l’AENA, l’opérateur de l’aéroport.

La ministre espagnole du Transport, Ana Pastor Julian est en route pour l’aéroport. Le chef du gouvernement , Mariano Rajoy, a pour sa part exprimé ses condoléances en annonçant qu’il annulait une réunion de campagne électorale à Tenerife, aux îles Canaries et il se rend lui aussi dans la capitale andalouse.

C’est le second accident d’un avion militaire en Espagne depuis le début de l’année. Le 26 janvier, lors d’un exercice de l’OTAN, un chasseur grec avait percuté d’autres appareils au décollage sur la base militaire d’Albacete, également dans le sud. La catastrophe avait fait onze morts -neuf Français, deux Grecs- et 21 blessés.

Airbus a constitué une cellule de crise

Airbus n’a pas été en mesure de donner des détails sur l’accident, mais a constitué une cellule de crise, selon un porte-parole. Depuis son siège de Toulouse, en France, Airbus a ajouté qu’une équipe d’experts étaient en route pour Séville.

Un vol d’essai, avant qu’un nouvel appareil soit livré au client, s’effectue généralement avec un équipage réduit. Il s’agit du premier accident de ce type d’appareil depuis sa mise en service.

Le premier exemplaire de ce nouvel avion européen a été livré à la France en 2013. Depuis, la Turquie et l’Allemagne en ont également pris livraison.

Équipé de quatre turbopropulseurs, l’A400M peut transporter jusqu’à 37 tonnes sur 3.300 kilomètres, se poser sur des terrains non préparés comme le sable, avec à son bord des blindés ou des hélicoptères.

L’appareil a connu de nombreux retards dans sa fabrication puis dans ses livraisons et a accumulé un dépassement de budget de 6,2 milliards d’euros (environ 30%), mais Airbus a de grands espoirs pour cet appareil qui arrive sur le marché quand ses concurrents américains sont en bout de course, notamment le C-130 conçu il y a plus de 50 ans. Au total, 174 exemplaires ont été commandés à ce jour, dont 50 par la France, 53 par l’Allemagne, 22 par le Royaume-Uni.

L’Espagne quant à elle, s’est engagé à acheter 27 exemplaires de l’avion, dont le premier doit lui être livré début 2016. L’objectif est de remplacer les avions de transport tactique Hercules C-130 de fabrication américaine qui ont été en service dans le armée de l’air espagnole depuis 1973.

*Avec AFP, 20 Minutos, El País

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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