Boko Haram: au moins 25.000 évacués du lac Tchad dans des conditions dramatiques au Niger

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Des milliers de personnes évacuées des îles du Lac Tchad par crainte de nouvelles attaques de Boko Haram sont arrivées à Nguigmi début mai 2015 (Twitter ‏@Unicefniger)
Des milliers de personnes évacuées des îles du Lac Tchad par crainte de nouvelles attaques de Boko Haram sont arrivées à Nguigmi début mai 2015 (Twitter ‏@Unicefniger)

Au moins 25.000 habitants des îles nigériennes du lac Tchad, évacués par crainte de nouvelles attaques de Boko Haram, vivent dans des conditions dramatiques dans plusieurs sites du sud-est du Niger, a-t-on appris mercredi auprès de sources onusiennes.

Selon les chiffres préliminaires, 25.000 personnes sont arrivées dans les villes de N’Guigmi et Bosso, fuyant leurs foyers sur de petites îles du lac Tchad, indique le site internet du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) à Niamey.

À la date d’hier (mardi), quelque 26.000 personnes sont arrivées des sites dans trois villes du sud-est du Niger, situées non loin du Tchad et qui bordent le lac Tchad, a confirmé un responsable local, sous couvert d’anonymat.

Les habitants des îles nigériennes du lac Tchad avaient été appelés jeudi à évacuer d’ici ce lundi ces sites vulnérables pour des impératifs de sécurité.

Ces gens sont là sur un espace nu. Il n’y a pas de tente, pas d’abri, un soleil de plomb et des tempêtes de sable. On a vu des femmes et des enfants sans eau. La situation est dramatique, a expliqué à l’AFP une source onusienne, qui s’est rendue sur place.

Des distributions de céréales ont eu lieu mardi à N’Guigmi, qui accueille 12.000 déplacés, alors que le Premier ministre Brigi Rafini visitait le site.

La télévision publique, qui accompagnait le chef du gouvernement, a montré mardi soir des personnes, en majorité des femmes et des enfants, couverts de poussière, le regard perdu et l’air abattu.

Cinq personnes sont mortes de soif en route, a témoigné mardi soir Hawa, une Nigérienne mère deux enfants, sur la télévision privée Bonferey.

Face à la menace de Boko Haram, c’est le moindre mal que de se déplacer vers la terre ferme, a affirmé Brigi Rafini, qui a promis une assistance alimentaire et des médicaments aux déplacés.

Le Premier ministre a également fustigé la gestion de l’accueil des déplacés par les autorités locales, selon la presse nigérienne, ce qu’a confirmé la source onusienne.

Les besoins les plus urgents de ces déplacés sont des abris, de l’eau, de la nourriture et des articles non alimentaires, a énuméré Ocha.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit de distribuer des produits de supplément nutritionnel aux enfants pour éviter qu’ils tombent dans la malnutrition, a déclaré à l’AFP Vigno Hounkali, son porte-parole au Niger.

Le Niger est entré en lutte contre Boko Haram début février aux côtés d’une coalition régionale composée du Tchad, du Cameroun et du Nigeria.

Après plusieurs attaques du groupe armé nigérian dans le sud-est du Niger, les forces de sécurité nigériennes, aidées par l’armée tchadienne, ont pénétré dans le nord-est frontalier du Nigeria, considéré comme le fief des islamistes où elles ont reconquis plusieurs villes et villages.

Le 25 avril, un assaut de Boko Haram contre une position militaire nigérienne sur une île du lac Tchad a fait au moins 74 morts, dont 28 civils, et 32 disparus. Ces pertes sont les plus lourdes subies par le Niger en trois mois de guerre.

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