Burundi: un soldat tué par un tir de policiers

0
Un manifestant dans la banlieue de Bujumbura, le 20 mai 2015. (Carl De Souza/AFP)
Un manifestant dans la banlieue de Bujumbura, le 20 mai 2015. (Carl De Souza/AFP)

Un soldat a été tué mercredi à Bujumbura par un tir de policiers qui tentaient de disperser des manifestants opposés au troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza, ont indiqué des témoins et un soldat.

« Un soldat vient d’être tué, il a été touché au coeur, c’est un policier qui a tiré », a affirmé un de ses collègues militaires.

Selon les témoins, l’armée était positionnée sur le bord d’une avenue du quartier de Nyakabiga pendant que les policiers tentaient de disperser les manifestants en faisant usage de leurs armes. Selon le soldat, certains de ces policiers tiraient « à hauteur d’homme ».

Après l’incident, les policiers ont dû quitter précipitamment les lieux face aux soldats furieux, et se sont retirés à environ un kilomètre.

Selon un journaliste de l’AFP arrivé sur les lieux juste après, plus de 2.000 manifestants ont totalement pris le contrôle du quartier, érigeant de nouvelles barricades, dansant et chantant des slogans anti-Nkurunziza comme « Nkurunziza ira à La Haye », en référence au siège de la Cour pénale internationale basée aux Pays-Bas. Ils étaient peu à peu rejoints par de nombreux habitants, femmes, vieillards et enfants, rassurés par le départ de la police.

Restés seuls sur place avec les manifestants, les militaires les laissaient faire, a constaté l’AFP. Les protestataires débordaient progressivement sur le quartier voisin de Rohero II, proche du centre-ville, objectif affiché des contestataires depuis le début du mouvement anti-troisième mandat, et dont les forces de l’ordre tentent d’empêcher l’accès.

La capitale burundaise est le théâtre depuis plus de trois semaines de manifestations d’opposition à un troisième mandat du président Nkurunziza: celui-ci est officiellement candidat au scrutin présidentiel qui suivra les législatives et communales, en principe le 26 juin.

Ce mouvement de contestation populaire a été émaillé de heurts violents entre manifestants et policiers ou jeunes du parti au pouvoir. Une vingtaine de personnes ont été tuées.

Les opposants à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, le jugent anticonstitutionnel et surtout contraire aux accords de réconciliation nationale signés à Arusha en 2000, qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). Le camp présidentiel juge la candidature du chef de l’État parfaitement légale.

Sous pression de la communauté internationale, la présidence a annoncé mercredi un report au 5 juin des élections communales et législatives, prévues ce 26 mai, et qui doivent marquer le début des élections générales.

Les commentaires sont fermés.