CANSEC 2015: ce qu’il faut retenir du jour 1 (PHOTOS/VIDÉO)

(Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Si vous n’étiez pas à Ottawa pour assister à la 17ème édition du plus important salon canadien sur la défense et la sécurité, 45eNord.ca a répondu présent et a rassemblé pour vous les principaux éléments à retenir de cette première journée.

Vice chef d’état-major, Lieutenant Guy Thibault: «une des meilleures armées de taille modeste au monde»

A l’image de son intervention lors de l’édition précédente, le Vice-chef d’état-major de la défense, le Lieutenant-général Guy Thibault, a rapidement dressé un état des lieux de l’environnement de sécurité dans lequel évolue désormais le Canada, à la différence près qu’après le 22 octobre dernier, les frontières entre les aspects militaires et de défense d’une part et la sécurité nationale d’autre part sont encore plus floues, de même que l’opposition traditionnelle entre secteurs public et privé devient obsolète.

Selon Guy Thibault, il existait désormais, pour les responsables politiques nationaux, peu de variations entre les menaces contre le Canada, celles contre l’Amérique du Nord, et celles contre la paix et la sécurité internationale.

Faisant écho à son intervention sur le même thème lors de la conférence sur la défense et la sécurité en février dernier, le Lt-général Guy Thibault a de nouveau martelé qu’il ne s’agissait pas tant de définir ce que le Canada devait accomplir – la stratégie de défense « le Canada d’abord » conservait toute sa pertinence – mais plutôt de s’attaquer à la question des moyens nécessaires pour atteindre des objectifs stratégiques inchangés dans un contexte tactique incertain.

Selon Jason Kenney, la nouvelle génération au sein de nos forces armées comprenait la nécessité d’être agile, dynamique et de faire des compromis fondés sur ce qui est financièrement raisonnable et sur les crédits budgétaires disponibles. « Nous aurons certainement d’autres obstacles à surmonter […] à mesure que des Etats-nations ennemis remettent en question et menacent l’ordre international avec des moyens conventionnels et non conventionnels ». La référence à la Russie est évidente et somme toute convenue, d’autant plus que chef d’état-major de l’Ukraine était présent lors du discours.

Jason Kenney: «si vous n’arrivez pas à dormir, lisez le guide d’approvisionnement de défense !»

De son côté, le ministre de la défense, Jason Kenney, s’est attaché à passer en revue certains des principaux programmes et projets en cours.

Parmi ceux qui ont retenu notre attention figure notamment le CP-140 Aurora, l’avion de surveillance maritime.

Le gouvernement  a investi plus de 2 milliards de dollars afin de moderniser et prolonger la durée de vie de 14 des 18 aéronefs, ceux-ci devraient donc être sollicités jusqu’en 2030.

Une solution potentielle évoquée autour de Boeing en marge du discours du ministre consistait à imaginer l’achat puis le remplacement progressif des Aurora par des Bombardier Challenger utilisant le même système de mission que le P-8 de Boeing et qui sont actuellement en cours de modification par le partenaire de Boeing et Bombardier, Field Aviation. Les représentants de Boeing ont admis que le Challenger modifié pourrait, outre ses missions traditionnelles de surveillance maritime, tout à fait conduire des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), en complément et/ou en remplacement des Aurora.

Et aussi:

  • Armée canadienne: la modernisation des Véhicules Blindés Légers (VBL III) – qui constituent le cœur de notre flotte VBL – procurera davantage de protection et de mobilité (jusqu’à la fin de vie des VBL prévue en 2035).
  • Le gouvernement a aussi accordé un contrat pour la livraison de 500 véhicule blindés de patrouille. La livraison est prévue en début d’année prochaine.

Création d’un panel d’experts indépendants

Dévoilée en même temps que la stratégie d’approvisionnement en matière de défense dont elle fait partie, la création d’un panel d’experts indépendants vise à mettre en œuvre une analyse critique systématique des exigences obligatoires de haut niveau pour les projets d’une valeur supérieure à 100 millions de dollars.

Il en ira de même pour d’autres projets spécifiques identifiés par le ministre de la Défense, quelle que soit la valeur du projet.

«J’annoncerai les membres du panel dans un avenir très proche» a promis Jason Kenney, précisant qu’une seule réunion de cabinet supplémentaire était nécessaire afin de compléter le processus de nomination. Il aura donc fallu près de 18 mois afin d’arrêter la composition d’un panel d’experts, justement censé fluidifier le processus d’approvisionnement et éviter désaccords et délais à la fin du processus.

Le guide d’approvisionnement de la Défense a également fait l’objet d’une annonce : le guide, lancé l’année précédente, sera mis à jour tous les ans et subira une revue totale de l’exercice tous les 3 ans.

Un salon réussi synonyme de retombées économiques

Avec une participation en hausse constante (1 100 délégués présents contre 1 000 l’an passé), le succès croissant du salon organisé par l’ Association des Industries Canadiennes de Défense et de Sécurité (AICDS) ne se dément pas. Cette édition 2015 vient également confirmer l’attrait grandissant du salon aux yeux des autorités étrangères. Plus de 250 militaires et fonctionnaires de haut rang provenant de 50 pays sont présents pendant ces 2 jours à Ottawa et 15 délégations internationales (contre 11 en 2014) ont tout spécialement fait le déplacement.

Si Christyn Cianfarani, pour son premier CANSEC en tant que présidente de l’AICDS, a tenu à se différencier de ses prédécesseurs notamment en tenant une conférence de presse bienvenue, elle a également insisté sur la contribution significative du salon à l’économie locale avec quelque 15 millions de dollars de retombées économiques estimées en 2014 pour la région de la capitale nationale. Comme quoi, la défense soutient aussi, indirectement, le secteur de l’hôtellerie/restauration canadienne.