Caution, bracelet, couvre-feu: les conditions de la libération d’Omar Khadr fixées

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Omar Khadr alors qu'il était détenu à Guantanamo en 2009 (Archives/Comité International de la Croix Rouge)
Omar Khadr alors qu’il était détenu à Guantanamo en 2009 (Archives/Comité International de la Croix Rouge)

Les conditions de remise en liberté de l’enfant-soldat et ancien détenu canadien de Guantanamo, Omar Khadr, ont enfin été décidées. La juge June Ross de la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta, province où le jeune prisonnier est maintenant incarcéré, a fixé à 5.000 $ la caution exigée pour sa libération conditionnelle, plutôt que les 100.000 $ demandés par la Couronne.
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Mise à jour au 07/05/2015 à 12h12

Ça y est, Khadr est libéré sous caution. La juge de la cour d’appel de l’Alberta vient de confirmer la remise en liberté sous caution d’Omar Khadr, malgré les tentatives du gouvernement fédéral en vain de bloquer la sortie de prison de l’ancien prisonnier de Guantanamo.

Plus de détails à suivre…

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Il devra également porter en permanence un bracelet électronique, un couvre-feu lui sera imposé, et ses déplacements seront circonscrits à la province d’Alberta où réside son avocat Dennis Edney qui s’est porté garant pour l’héberger. Ses communications seront étroitement surveillées et il sera privé de passeport canadien.

Mais Khadr n’est pas pu pour autant quitter sa prison.

Au même moment, mardi, un autre tribunal canadien a reporté sa libération suite à l’opposition du gouvernement qui craint que cette libération ne cause du tort aux relations diplomatiques avec les États-Unis.

La Cour d’appel d’Edmonton (Alberta, ouest) a repoussé à jeudi la libération conditionnelle du jeune Canadien capturé en 2002 à l’âge de 15 ans par l’armée américaine sur un champ de bataille en Afghanistan.

Et jeudi à 9h30, la juge Myra Bielby de la Cour d’appel de l’Alberta se prononcera sur la demande du gouvernement canadien de maintien en prison de Khadr.

Si la juge Bielby devait rendre une décision défavorable à Ottawa jeudi, Omar Khadr pourrait alors être libéré sur-le-champ.

Si tel était le cas, ce serait la première fois depuis 13 ans que Khadr goûterait à la liberté.

Suite à son arrestation en Afghanistan, il avait été transféré à la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, où il a été incarcéré pendant 10 ans.

En 2010, un tribunal spécial de l’armée américaine l’avait condamné à huit ans de prison pour le meurtre d’un commando. Il avait alors conclu un accord de plaider-coupable avec le Pentagone qui lui avait permis de quitter Guantanamo pour purger le reste de sa peine au Canada, où il a été finalement transféré en 2012.

Le mois dernier, la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta avait ordonné la libération sous condition du jeune homme de 28 ans, en attendant le résultat d’un appel en cours devant un tribunal américain.

La juge Ross devait à l’origine simplement décider mardi des conditions de libération de Khadr , qui devait donc recouvrer alors sa liberté, mais Ottawa avait déposé une requête urgente devant la justice lundi pour demander le report de cette décision.

La Couronne a en effet plaidé devant la cour d’appel de l’Alberta que le tribunal de première instance n’avait pas l’autorité nécessaire pour faire libérer Khadr.

Le préjudice que causerait cette libération serait significatif et de grande ampleur pour le Canada, a affirmé l’avocat de la Couronne, Bruce Hughson, cité par la chaîne publique de télévision canadienne.

La défense de Khadr a pour sa part jugé devant le tribunal que les arguments de la Couronne étaient destinés à jeter de la poudre aux yeux.

Nate Whitling, qui plaidait la cause pour l’équipe juridique d’Omar Khadr, a plaidé pour sa part qu’il n’y avait aucune preuve que les États-Unis ou un autre gouvernement s’inquiète de la remise en liberté du jeune Canadien.

La télévision publique canadienne de son côté, affirme même avoir obtenu une note où le département d’État américain aurait indiqué que la libération sous caution d’Omar Khadr ne nuirait pas à ses relations avec le Canada.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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