Irak/Ramadi: 500 morts en deux jours, fuite des forces irakiennes (VIDÉO)

Les habitants de la ville de Ramadi ont fui leurs maisons le 16 mai 2015, alors que l'étau du groupe armé État islamique se resserrait sur la ville (Sabah Arar/AFP)
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Fuite des forces irakiennes de Ramadi (Vidéo/Mubasher)

Le groupe État islamique (EI) s’est emparé dimanche du quartier général militaire de la province d’Al-Anbar à Ramadi, renforçant encore son emprise sur cette ville après deux jours de combat qui ont fait près de 500 morts, ont rapporté des responsables.
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Mise à jour au 17$05/2015 à 14h46

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a affirmé dimanche avoir pris le contrôle total de la ville irakienne de Ramadi, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Bagdad, un sévère revers pour les forces pro-gouvernementales.

L’EI a revendiqué cette victoire sur des forums djihadistes. Dieu a permis aux soldats du califat de nettoyer toute la ville de Ramadi, écrit le groupe, ajoutant: « ils la contrôlent, avec les bataillons de chars et de lanceurs de missiles s’y trouvant, ainsi que le centre de commandement des opérations (de la province d’Al-)Anbar ».

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Le centre de commandement des opérations dans la province d’Al-Anbar a été déserté, a affirmé à l’AFP Mouhannad Haimour, le porte-parole et conseiller du gouverneur de la province.

De nombreux membres des forces de sécurité ont été tués et blessés dans l’assaut, a poursuivi M. Haimour, sans pouvoir donner de chiffre précis.

La prise de ce QG assure à l’EI le contrôle de la quasi-totalité de Ramadi, où il a lancé jeudi une nouvelle offensive avec une vague d’attentats suicide.

Les combats ont fait environ 500 morts –civils ou membres des forces de sécurité– en deux jours, selon Mouhannad Haimour.

Nous n’avons pas le bilan exact de victimes pour le moment, mais nous croyons qu’au moins 500 personnes, à la fois des civils et militaires, ont été tuées ces deux derniers jours, a-t-il déclaré.

L’EI contrôle déjà la majeure partie de la vaste province désertique d’Al-Anbar, qui s’étend des frontières syriennes, jordaniennes et saoudiennes jusqu’aux portes de Bagdad.

À Ramadi, l’armée, la police, les unités antiterroristes et leurs alliés de tribus locales s’étaient retranchés dans leur QG et dans un important complexe judiciaire lui faisant face, avant de s’en retirer.

« Ramadi n’est pas tombée, il y a toujours des combats dans certains quartiers », a toutefois insisté M. Haimour.

Les forces de sécurité –armée et police– se sont retirées de la ville, prenant la direction de l’autoroute principale à l’ouest de la ville, a pour sa part expliqué le colonel de police Jabbar al-Assafi.

Un lieutenant colonel de l’armée, qui a pris part au retrait du QG, a indiqué que l’EI contrôlait désormais tous les postes de sécurité de la ville.

L’armée et la police et toutes les forces qui étaient stationnées dans le QG se sont retirées, de même que les forces stationnées dans le commissariat voisin et le complexe judiciaire, a-t-il détaillé.

Selon lui, les djihadistes ont mis le feu à la principale pompe à essence du QG dès qu’ils en ont pris le contrôle.

Une chute de Ramadi, à 100 km de Bagdad, serait un revers majeur pour le gouvernement du Premier ministre Haider Al-Abadi qui avait promis que la reconquête d’Al-Anbar serait l’objectif de ses forces après la reprise de Tikrit (nord) aux jihadistes en mars.