En Syrie, l’établissement d’une zone humanitaire est «difficile à envisager» selon Ashton Carter

0
L’UNRWA est inquiète pour la sécurité des civils se trouvant dans le camp de Yarmouk, à Damas, en Syrie (Walla Masoud/UNRWA)
L’UNRWA est inquiète pour la sécurité des civils se trouvant dans le camp de Yarmouk, à Damas, en Syrie (Walla Masoud/UNRWA)

La création d’une zone humanitaire sûre en Syrie par les forces américaines est une décision « difficile à envisager » du fait des combats qu’elle impliquerait, a averti mercredi le ministre de la Défense américain Ashton Carter.

La Turquie appelle depuis longtemps à la création d’une telle zone humanitaire le long de la frontière turco-syrienne.

« Nous aurions à combattre pour créer un tel espace et ensuite nous devrions nous battre pour le conserver, et c’est pour cela que c’est une chose difficile à envisager », a déclaré le ministre lors d’une audition devant une commission du Sénat, avertissant en outre que les pays voisins ne seraient pas forcément prêts à aider.

Tant les forces du régime syrien que les extrémistes islamistes chercheraient à empêcher la constitution de cette zone, a-t-il souligné.

Le chef d’état-major inter-armées Martin Dempsey, qui était entendu par les sénateurs en même temps que M. Carter, a indiqué de son côté que les responsables militaires américains avaient préparé des scénarios de constitution d’une telle zone.

« Nous sommes préparés à une telle éventualité depuis quelques temps », a-t-il dit.

« C’est possible militairement, mais ce serait une décision politique importante », a-t-il dit. Et pour qu’elle soit appliquée efficacement, « elle devra impliquer des partenaires dans la région », a-t-il ajouté.

M. Carter et le général Dempsey étaient interrogés sur le sujet par le sénateur démocrate Dick Durbin, qui a écrit une lettre avec trois autres sénateurs au président Barack Obama pour lui demander la constitution d’une telle zone.

« Même si ce n’est peut-être pas un génocide au sens classique, légal, c’est la crise humanitaire de notre époque… avec aucune fin en vue », a estimé le sénateur Durbin.

Les commentaires sont fermés.