Espionnage: Berlin aurait effacé 12.000 requêtes de la NSA visant des responsables

0
Siège du journal allemand Der Spiegel à Hambourg (Photo: Archives/Johannes Eisele/AFP)
Siège du journal allemand Der Spiegel à Hambourg (Photo: Archives/Johannes Eisele/AFP)

Les services de renseignement allemands (BND), accusés d’avoir espionné des firmes et des institutions publiques pour le compte de la NSA américaine, ont effacé 12.000 requêtes visant des responsables, a affirmé l’hebdomadaire Der Spiegel à paraître samedi.

Selon la presse allemande, le BND a notamment écouté des responsables du ministère français des Affaires étrangères, du palais présidentiel de l’Élysée et de la Commission européenne depuis la station bavaroise de Bad Aibling. Le quotidien populaire Bild évoque également des officiels autrichiens.

D’après le Spiegel, un agent du renseignement allemand a fouillé en août 2013 les demandes d’écoutes adressées par la NSA au BND, dans le cadre de la coopération instaurée en 2002 entre les deux pays au nom de la lutte contre le terrorisme.

Balayant les fichiers américains à l’aide des mots clefs diplo, bundesamt et gov, caractéristiques des adresses mail de responsables publics, cet agent a extrait 12.000 requêtes. Parmi ces adresses figuraient celles d’un certain nombre de hauts responsables de la diplomatie française, ainsi que de membres d’institutions de l’Union européenne et de plusieurs pays européens, poursuit le Spiegel.

Le 14 août 2013, l’agent du BND a adressé un mail à sa hiérarchie, demandant ce qu’il devait faire de telles demandes. Les effacer, lui a-t-il été répondu, d’après l’hebdomadaire.

Le quotidien Bild avait affirmé de son côté lundi, sur la foi de documents de 2008 et 2010, que les services de renseignement allemands avaient tenté d’espionner depuis 2005 EADS (devenu Airbus) et Eurocopter (aujourd’hui Airbus Helicopters) pour le compte de la NSA.

Ces révélations, auxquelles sont venues s’ajouter mercredi des accusations d’espionnage politique visant notamment la présidence de la République française ou la Commission européenne, embarrassent le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui s’est toujours posé en victime de ses alliés.

Vendredi après-midi, un porte-parole du parquet fédéral basé à Karlsruhe (ouest) a annoncé à l’AFP mener de premières investigations sur cette affaire, pour déterminer l’existence d’une faute pénale justifiant l’ouverture d’une enquête.

La chancellerie était informée depuis 2008, sous le premier mandat de Mme Merkel, de telles pratiques visant des sociétés comme Airbus, mais n’a pas réagi pour ne pas froisser Washington et mettre en péril la coopération dans la lutte contre le terrorisme, a affirmé Bild.

Les commentaires sont fermés.