Farc et gouvernement entament conjointement leurs opérations de déminage en Colombie

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Un soldat colombien cherche des mines laissées par la guérilla dans le département d’Antioquia, dans le nord-est du pays, le 3 mars 2015 (AFP)
Un soldat colombien cherche des mines laissées par la guérilla dans le département d’Antioquia, dans le nord-est du pays, le 3 mars 2015 (AFP)

Le gouvernement colombien et la guérilla des Farc ont entamé les opérations de déminage dans le nord de la Colombie, pays le plus touché au monde par ce fléau après l’Afghanistan.

Les parties ont déjà mené pendant sept jours un plan pilote de déminage dans la région d’Antioquia (nord), ont rapporté vendredi à La Havane responsables cubains et norvégiens, garants du processus de paix ouvert depuis novembre 2012 à Cuba.

Ces premières opérations visaient à récolter des informations afin d’identifier les zones véritablement contaminées par les mines, a précisé devant la presse le diplomate cubain Rodolfo Benitez.

Le plan de déminage conclu début mars entre le gouvernement de Bogota et la guérilla marxiste dans le cadre des négociations de paix, prévoit de désactiver toutes les mines antipersonnel dans le pays, en proie à un conflit interne de plus d’un demi-siècle.

Depuis 1990, les explosions de ce type de mines ont causé plus de 2.000 morts et 9.000 blessés en Colombie.

Rappelons que la Colombie est, après l’Afghanistan, le pays où ces mines font le plus de victimes. Régulièrement, alors qu’il n’y a plus de combats dans les zones tenues par les Farc, résonne encore le bruit des explosions des mines.

 

Selon les autorités, sur les quelques 1120 municipalités de Colombie, près de 700 restent potentiellement minées et seules trois ont jusqu’ici été déclarées officiellement exemptes de toute mine antipersonnel.

Les enfants,principales victimes

Les principales victimes de ses vestiges des affrontements antérieurs sont les enfants; ce qui n’a pas manquer de déclencher des alertes répétées de la part de l’Unicef. L’organisation déplore qu’en dépît de la gravoté du problème des mines en Colombie , il n’existe par de programme humanitaire pour le déminage dans le pays.

«Rien que l’année dernière, nous avons eu 65 enfants parmi les victimes» explique Sharon Ball, Responsable de la lutte antimines à l’UNICEF.

Un enfant aura besoin d’une nouvelle prothèse tous les quatre mois particulièrement s’il vit dans une zone rurale où l’usure est plus rapide. Cela constitue une dépense énorme pour une famille venant d’une région pauvre.»

«L’impact des accidents dûs aux mines terrestres sur les communautés locales est dévastateur, affirme Martino Murillo qui est éducatrice spécialisée dans les risques posés par les mines. Cela n’a créé que la panique et la deuil chez les gens d’ici.»

Etudiant en relations internationales à Sciences po Toulouse en France, Bastien se passionne pour les questions de défense et de sécurité à l’internationale. Sa curiosité prononcée pour l’actualité militaire et l’attrait du journalisme l’on incité à rejoindre l’équipe de 45eNord en tant que stagiaire.

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