Guerre contre l’EI: l’Irak rejette les critiques de Washington, combats en Syrie

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Un drapeau de l'organisation djihadiste Etat islamique le 11 septembre 2014 à Rashad en Irak (Jm Lopez/AFP)
Un drapeau de l’organisation djihadiste Etat islamique le 11 septembre 2014 à Rashad en Irak (Jm Lopez/AFP)

Bagdad a rejeté les critiques américaines sur le « manque de volonté » de l’armée irakienne de se battre contre les jihadistes, tandis qu’un général iranien accusait Washington de n’avoir « rien fait » pour aider son allié irakien à Ramadi.

En Syrie, les combats se poursuivaient lundi autour de la ville de Palmyre après sa conquête par le groupe Etat islamique (EI), qui a exécuté plus de 200 soldats et civils dans le centre du pays ces derniers jours selon une ONG.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a exprimé sa « surprise » après les déclarations du secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, les plus critiques d’un responsable américain à l’encontre des autorités irakiennes au cours des derniers mois.

M. Carter a regretté dimanche sur CNN que l’armée irakienne n’ait « pas montré de volonté de se battre » pour défendre la ville clé de Ramadi, tombée aux mains des jihadistes le 17 mai.

Il a prévenu que le groupe extrémiste sunnite EI ne pourra être battu que par l’engagement des forces irakiennes même si les Etats-Unis jouaient leur rôle de soutien avec les frappes aériennes, la fourniture d’équipements et l’entraînement des soldats.

« Je suis surpris par ce qu’il a dit (…) Je suis sûr qu’il a reçu des informations inexactes », a réagi M. Abadi sur la BBC.

 Les Etats-Unis n’ont « rien fait »

La chute de Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar situé à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale irakienne, a soulevé des questions sur la stratégie non seulement du gouvernement Abadi mais aussi des Etats-Unis, proches alliés de Bagdad.

Plus de 3.000 raids aériens de la coalition internationale menée par Washington n’ont en effet pas empêché l’EI de continuer à renforcer son « califat » proclamé sur un vaste territoire à cheval sur l’Irak et la Syrie.

La critique la plus vive est venue d’Iran où l’influent général Ghassem Souleimani a déclaré que les Etats-Unis n’avaient « rien fait » pour aider l’armée irakienne à Ramadi.

« M. (Barak) Obama, quelle est la distance entre Ramadi et la base al-Assad où les avions américains sont basés? Comment pouvez-vous vous installer là-bas sous prétexte de protéger les Irakiens et ne rien faire. Ceci n’est pas autre chose que d’être complice d’un complot », a déclaré le chef de la force Qods chargée des opérations extérieures de l’armée d’élite du régime, dans un discours prononcé dimanche soir.

« Pour lutter » contre l’EI, « il n’y a que la République islamique », a lancé le général Souleimani, qui a été actif en Irak, notamment lors de la reprise fin mars de la ville de Tikrit par l’armée et les milices irakiennes selon des médias iraniens.

L'EI contrôle désormais 50% de la Syrie (Jaime48)
L’EI contrôle désormais 50% de la Syrie (Jaime48)
Pour l’expert irakien Ahmed Ali, les critiques de M. Carter sont « surprenantes et sont susceptibles de peser sur le moral des forces de sécurité irakiennes », déjà affecté par les récents revers face à l’EI.

Après la débâcle de Ramadi, M. Abadi a changé de stratégie en faisant appel aux puissantes milices chiites des Hachd al-Chaabi –ou unités de Mobilisation populaire–, jusque-là tenues à l’écart d’Al-Anbar pour éviter de s’aliéner la population majoritairement sunnite.

« Mon cœur saigne parce que nous avons perdu Ramadi mais je peux vous assurer que nous allons le reprendre bientôt », a précisé dimanche M. Abadi, en évoquant une opération de « quelques jours ».

Les forces gouvernementales, renforcées par des tribus sunnites et des miliciens chiites, sont parvenues à reprendre ces derniers jours une partie du territoire perdu à l’est de Ramadi.

Intenses raids sur Palmyre

En Syrie, l’armée de l’air a mené lundi au moins 15 raids sur la ville antique de Palmyre et ses environs, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Il y a au moins quatre morts parmi les civils et des dizaines de blessés et il est sûr qu’il y a aussi des morts parmi les jihadistes », selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

L’EI a exécuté au moins 217 personnes, dont 150 soldats, depuis qu’il s’est emparé il y a neuf jours d’une partie de la province syrienne de Homs qui inclut Palmyre, a rapporté l’OSDH.

Au Liban, le chef du Hezbollah chiite, Hassan Nasrallah, a annoncé dimanche, pour la première fois, que sa formation combattait désormais partout en Syrie aux côtés de l’armée syrienne. Il a appelé à l’union sacrée dans la région contre le « danger existentiel » que représente à ses yeux l’EI.

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