Intervention terrestre américaine en Syrie, les forces spéciales tuent un chef de l’EI

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Le 3rd Special Forces Group des forces spéciales américaines (Archives/DoD)
Le 3rd Special Forces Group des forces spéciales américaines (Archives/DoD)

Les forces spéciales américaines ont tué un haut responsable du groupe djihadiste État islamique (EI) et capturé son épouse en Syrie, la première opération du genre annoncée publiquement par les États-Unis.

Ailleurs dans le pays en guerre, l’EI a exécuté des dizaines de civils en 48 heures aux portes de Palmyre, l’antique cité menacée, alors qu’en Irak voisin l’organisation djihadiste tentait de prendre la totalité de la ville stratégique de Ramadi.

«Sous la direction du président (Barack Obama), les forces américaines basées en Irak ont mené une opération à Al-Omar dans l’est de la Syrie pour capturer le haut responsable de l’EI, Abou Sayyaf, et sa femme», a déclaré samedi la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Bernadette Meehan.

«Durant l’opération vendredi soir, Abou Sayyaf a été tué lors d’échanges avec les forces américaines», a-t-elle ajouté. Dans un communiqué, le NSC a indiqué que l’épouse d’Abou Sayyaf «a été capturée et se trouve en détention dans une prison américaine en Irak».

Cette opération, durant laquelle les commandos d’élite américains ont frappé au cœur du bastion de l’EI, est un rare recours aux «troupes sur le terrain» par les États-Unis, qui combattent depuis les airs les djihadistes en Syrie et en Irak.

En 2014, un commando américain avait tenté de sauver un journaliste américain, James Foley, aux mains de l’EI en Syrie mais l’intervention avait échoué.

«Rôle capital»

Le haut responsable du groupe djihadiste État islamique (EI), Abou Sayyaf, tué le 15 mai 2015 par les Forces spéciales américaines (capture d’écran/45eNord.ca/LCI)
Abou Sayyaf, explique Washington, est un haut responsable du groupe djihadiste, qui a déclaré un califat à cheval sur l’Irak et la Syrie, et «a joué un rôle capital dans la supervision des opérations illicites de l’EI dans le pétrole et le gaz, une source clé de revenus qui permet à l’organisation terroriste de poursuivre ses tactiques brutales et d’oppresser des milliers de civils innocents».

Il serait, de même source, impliqué dans des opérations militaires du groupe.

Abou Sayyaf a été tué à Al-Omar, qui abrite l’un des plus grands champs pétroliers de la Syrie, et qui se trouve actuellement sous le contrôle de l’État islamique.

Sa femme, Umm Sayyaf, qui serait également membre de l’organisation et «joue un rôle important dans les activités terroristes», a été capturée et se trouve en détention dans une prison américaine en Irak, précise le NSC dans son communiqué.

«L’opération a également permis de libérer une jeune femme yézidie qui semble avoir été maintenue en esclavage par le couple. Nous avons l’intention de la réunir avec sa famille aussi vite que possible», précise Bernadette Meehan.

Elle a été menée avec le plein accord des autorités irakiennes, a tenu à préciser Washington, ajoutant que «les États-Unis continueront de se tenir côte à côte avec les partenaires irakiens dans notre lutte pour détruire l’EI».

Cette opération a été menée au moment où les bombardements de la coalition menée par les États-Unis visant le groupe terroriste s’intensifient en Syrie, où l’EI se rapprochait vendredi du joyau archéologique de Palmyre dans le désert syrien, qu’il entend saccager. Ils se trouvaient vendredi à «un kilomètre» du site, selon certaines sources, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.

Le président américain Barack Obama a réaffirmé vendredi sa conviction qu’il n’y aurait pas de «solution militaire» au conflit syrien.

«La situation en Syrie est déchirante mais elle est extrêmement complexe», a déclaré M. Obama dans un entretien à la chaîne d’information en continu Al-Arabiya.

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