Jeunes radicalisés arrêtés à l’aéroport de Montréal: encore 4 élèves du Collège Maisonneuve impliqués

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L'enseignant et activiste Adil Charkaoui a recommencé en mars à donner des cours au Collège de Maisonneuve, à Montréal, mais ceux-ci se déroulent dorénavant sous surveillance (College de Maisonneuve)
Le Collège Maisonneuve, qui s’est avéré un vivier d’aspirants-djihadistes (College de Maisonneuve)

Quatre des dix jeunes arrêtés ce week-end par la GRC à l’aéroport de Montréal alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le pays pour joindre les rangs des djihadistes étudiaient au Cégep Maisonneuve, rapporte aujourd’hui le quotidien La Presse sous la plume de la journaliste Gabrielle Duchaine.

Au total, ce seraient donc onze élèves du cégep montréalais qui auraient été impliqués dans des affaires de terrorisme depuis les attentats d’octobre dernier qui avaient coûté la vie à deux militaires canadiens et qui avaient été précédés d’un appel au meurtre par le groupe armé l’État islamique qui enjoignait ses fidèles à joindre ses rangs ou, s’il ne le pouvaient pas, à tuer des citoyens des pays coalisés pour le détruire

Les Canadiens figuraient alors et figurent toujours en bonne place sur la liste des cibles des djihadistes.

Appel au meurtre que le groupe ultra-radical avait renouvelé en janvier appelant à mener de nouvelles attaques contre les pays occidentaux, saluant au passage les attentats exécutés par des djihadistes, notamment en France contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier.

Pour le groupe djihadiste, quitter les terres impies pour vivre en terre musulmane et se joindre au combat est en un devoir sacré pour tout bon musulman.

C’est ainsi qu’en janvier 2015 un groupe de sept jeunes, dont cinq fréquentaient le Collège Maisonneuve, a quitté le Canada en direction de la Turquie. La police a ensuite perdu la trace des disparus.

Et récemment, deux élèves du collège de Maisonneuve disparus depuis janvier suspectés de vouloir rejoindre les rangs de l’organisation de l’État Islamique sont subitement réapparus sur les réseaux sociaux; l’un d’eux pour s’y déclarer «soldat du califat».

Imad Rafai, un jeune montréalais d’origine algérienne qui n’avait pas donné signe de vie depuis janvier à récemment mis à jour sa page Facebook et son compte Twitter pour faire savoir qu’il aurait rejoint le moyen-orient pour prendre part au combat djihadiste.

Le jeune Rafai semble désormais se définir par l’expression arabe Jund Al-khilafah littéralement «soldat du califat» en référence à l’établissement d’un califat revendiqué par l’organisation terroriste.

Puis, le mois dernier, deux autres élèves du Collège Maisonneuve, El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane, 18 ans, ont été accusés non seulement d’avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l’étranger, mais aussi d’avoir eu en leur possession des substances explosives et d’avoir planifié un acte terroriste.

Le fil conducteur: le Collège Maisonneuve et Adil Charkaoui

En février, peu après qu’il a été révélé que plusieurs de ses étudiants soupçonnés d’être partis joindre les rangs du groupe armé État Islamique avaient fréquenté les classes du prédicateur et activiste Adil Charkaoui au Collège Maisonneuve, l’établissement avait suspendu la location de quatre salles de classe loués par Charkaoui pour enseigner le Coran et deux plateaux sportifs pour l’École des compagnons, affiliée au Centre communautaire islamique de l’Est de Montréal dirigé par ce dernier.

Adi Charkaoui, maintenait pour sa part que son école ne faisait qu’enseigner l’arabe et le Coran et s’était alors insurgé contre ces décisions, menaçant de poursuites et criant à la chasse aux sorcières, appuyé en cela par plusieurs militants de gauche.

Puis, encore deux jeunes Montréalais arrêtés et soupçonnés d’avoir planifié une attaque terroriste, El Mahdi Jamali et son amie de cœur Sabrine Djaermane, ont eux aussi été reliés à Charkaoui.

Le jeune Jamali, comme sept autres jeunes Québécois avant lui soupçonnées de vouloir participer à des activités terroristes, était aussi inscrit au Collège Maisonneuve et suivait également les enseignements d’Adil Charkaoui.

Le jeune homme de 18 ans, qui était inscrit sur Facebook à un séminaire religieux dispensé par Charkaoui, faisait en outre abondamment la promotion de ses enseignements sur internet.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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