La Macédoine secouée par des incidents armés à sa frontière avec le Kosovo

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Un quartier albanais musulman de Kumanovo (nord), en macédoine était toujours assiégé depuis le petit matin, samedi 9 mai, par les forces de l'ordre qui traquent un groupe armé qui ferait partie du KLA (Armée de Libération du Kosovo)(Twitter @RTenfrançais)
Un quartier albanais musulman de Kumanovo (nord), en macédoine était toujours assiégé depuis le petit matin, samedi 9 mai, par les forces de l’ordre qui traquent un groupe armé qui ferait partie du KLA (Armée de Libération du Kosovo)(Twitter @RTenfrançais)

La Macédoine, affaiblie par une longue crise politique, risque de se retrouver davantage fragilisée suite à des accrochages armés au cours desquels cinq policiers ont été tués samedi à sa frontière avec le Kosovo, des incidents qui inquiètent l’ensemble des Balkans.
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Mise à jour au 10/05/2015 à 10h42

Les affrontements samedi et dimanche à Kumanovo, ont fait 22 tués. Huit policiers macédoniens ont perdu la vie, ainsi que quatorze membres d’un groupe armé, présumés d’origine albanaise.

Un porte-parole de la police, Ivo Kotevski, a en outre fait état de 37 blessés. Il a affirmé que les assaillants faisaient partie d’un « groupe terroriste » composé d’une trentaine de personnes: des citoyens de Macédoine, du Kosovo et d’Albanie, présumés d’origine albanaise. Un deuil national de deux jours a été proclamé.

– à 7h21

Des tirs ont repris dimanche à Kumanovo, dans le nord de la Macédoine à la frontière avec le Kosovo, où  le bilan des combats la veille entre les forces de l’ordre et un « groupe armé » est maintenant d’au moins six morts dans les rangs de la police.

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Dans cette ex-république yougoslave de 2,1 millions d’habitants à majorité slave orthodoxe, un quartier albanais musulman de Kumanovo (nord) était toujours assiégé depuis le petit matin par les forces de l’ordre qui traquent un « groupe armé venu d’un pays voisin » dans le but de perpétrer une « attaque terroriste contre les institutions de l’Etat, en bénéficiant d’un soutien sur place ».

Une trentaine de policiers ont également été blessés, a précisé la ministre de l’Intérieur Gordana Jankuloska, qui n’a pas dit de quel pays voisin il s’agissait, mais la presse locale montrait du doigt le Kosovo voisin, dont l’écrasante majorité de la population est musulmane albanaise.

« Il y a des victimes parmi les terroristes mais pour l’instant on ne connaît pas leur nombre exact », a-t-elle dit à la presse.

Il s’agirait de cinq morts dans les rangs des assaillants, selon la presse locale de langue albanaise.

La Serbie, elle aussi voisine du nord de la Macédoine, a aussitôt annoncé qu’elle renforçait ses troupes à cette frontière.

Belgrade a eu son propre conflit (1998-99) avec les Albanais de l’UCK, l’armée de libération du Kosovo, et entretient toujours des relations délicates avec son ancienne province.

La répression menée par Belgrade contre la guérilla indépendantiste et la population civile avait été suivie d’une opération de l’Otan au printemps 1999, qui avait entraîné à l’issue de 78 jours de frappes aériennes le retrait des forces serbes du Kosovo.

En 2008, avec l’appui des États-Unis et de la majorité des pays membres de l’Union européenne, le Kosovo proclamait son indépendance, un statut que la Serbie refuse toujours de reconnaître.

Pour sa part, la Macédoine, a également connu en 2001 un conflit avec ses propres rebelles albanais, qui réclamaient davantage de droits. Ces derniers étaient soutenus en hommes et en armes par l’ancienne guérilla kosovare.

En 2001, sous la pression occidentale, les accords d’Ohrid (Macédoine) ont mis fin à six mois de conflit. Ces accords ont apporté aux Albanais, en majorité de confession musulmane et qui représentent environ 25% des 2,1 millions d’habitants en Macédoine, davantage de droits au sein de la société.

Samedi dans la journée, des personnes âgées, des femmes et des enfants pour la plupart d’origine albanaise, quittaient par dizaines le quartier assiégé de Kumanovo, selon un photographe de l’AFP sur place.

Des échanges de tirs ont éclaté dans la matinée entre ce groupe mystérieux et les forces de l’ordre.

Alors que la Serbie renforçait ses troupes aux frontières, l’Albanie et le Kosovo ont lancé des appels au calme.

Allié du parti conservateur slave au pouvoir à Skopje, le DUI, principal parti politique des Albanais de Macédoine, a lui aussi fermement condamné ces incidents.

Des véhicules tout-terrain de la police et des blindés gardent les carrefours pendant que des policiers en treillis et gilets pare-balles patrouillent dans les rues. Des hélicoptères survolent le quartier.

Les incidents de Kumanovo sont intervenus après que le 21 avril un groupe armé d’Albanais venus du Kosovo a brièvement pris possession d’un petit commissariat de police à la frontière nord de la Macédoine, réclamant la création d’un État albanais sur le territoire de cette ex-république yougoslave.

Candidate à l’adhésion à l’UE depuis dix ans, la Macédoine est en proie à une grave crise politique – qui oppose depuis des mois les principales formations slaves -, l’opposition de gauche accusant le pouvoir conservateur de corruption et d’avoir mis sur écoute 20.000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux.

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