La mission d’Al-Nosra: faire tomber Assad et non attaquer l’Occident, dit son chef en entrevue «masquée»

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Abou Mohamed al-Jolani s'est exprimé le 27 mai 2015 sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, le visage dissimulé par une écharpe noire (Capture d'écran/Al-jazzera/45eNord.ca)
Abou Mohamed al-Jolani s’est exprimé le 27 mai 2015 sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, le visage dissimulé par une écharpe noire (Capture d’écran/Al-jazzera/45eNord.ca)

Le chef du Front al-Nosra, branche syrienne d’al-Qaïda, a assuré mercredi soir que sa mission était de faire chuter le régime de Damas et qu’il n’était pas prévu de lancer des attaques contre l’Occident depuis la Syrie.

Abou Mohamed al-Jolani s’est exprimé sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, le visage dissimulé par une écharpe noire, et a expliqué: « les instructions que nous avons sont de ne pas utiliser la Syrie comme une base pour des attentats contre l’Occident ou l’Europe, pour ne pas salir la guerre actuelle ».

« Notre mission en Syrie est de faire chuter le régime, ses symboles et ses alliés, comme le Hezbollah », a précisé M. Jolani en référence au mouvement chiite qui combat aux côtés des troupes de Bachar al-Assad.

Cependant, a-t-il ajouté, si les États-Unis continuent de les attaquer « toutes les options sont ouvertes. Tout le monde a le droit à l’auto-défense ». Il a dénoncé les raids aériens américains contre le Front al-Nosra en Syrie et les a accusés de se coordonner avec le régime de Damas pour utiliser l’espace aérien syrien.

« L’Amérique aide le régime », a encore lancé Jolani installé dans une chaise aux ornements dorés.

Le Front al-Nosra et son rival du groupe État islamique figurent depuis fin 2012 sur la liste américaine des organisations que Washington considère comme « terroristes ».

Depuis septembre dernier, une coalition internationale dirigée par les états-Unis opèrent des raids aériens contre des positions djihadistes en Syrie, essentiellement du groupe Etat islamique.

Comme dans sa précédente interview en 2013 accordée à Al-Jazeera, le chef du Front al-Nosra a affirmé que la fin du régime Assad était proche. « Je vous assure que la chute de Bachar est pour bientôt », a-t-il dit ajoutant « je ne veux pas être trop optimiste mais il y a des signes très positifs ».

Il a rejeté une solution politique au conflit car, selon lui, un accord politique « conclu dans les couloirs de Washington (…) ferait couler le sang du peuple syrien ».

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