L’aide continue d’arriver au Yémen, soumis à de nouveaux raids

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De l'aide humanitaire déchargée le 17 mai 2015 à son arrivée dans le port d'Aden (Saleh Al-Obeidi/AFP)
L’aide humanitaire continue à arriver dans le port d’Aden (Archives/Saleh Al-Obeidi/AFP)

Une cargaison de près de 500 tonnes d’aide humanitaire a été débarquée dimanche au Yémen, où de nouveaux raids de la coalition menée par l’Arabie saoudite ont visé plusieurs régions, dont la capitale Sanaa.

Déchargée dans le port d’Aden (sud), la cargaison de 460 tonnes de vivres, de médicaments et de matériel médical a été envoyée par les Emirats arabes unis, l’un des pays du Golfe faisant partie de la coalition luttant contre les rebelles Houthis depuis le 26 mars.

Aden est le théâtre de violents combats depuis mars, avec l’avancée des rebelles chiites qui s’étaient emparés auparavant de Sanaa et de vastes régions du nord, du centre et de l’ouest du Yémen.

Le Croissant rouge émirati avait faire parvenir 1.200 tonnes de vivres la semaine dernière à Aden, tandis que vendredi un bateau transportant 400 tonnes de diesel offert par les Emirats avait également accosté dans ce port.

« Aden et les autres provinces sinistrées du Sud n’ont reçu que les aides provenant des Emirats », depuis la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sud en mars, a déclaré à la presse Ali al-Bikri, coordinateur de l’aide, désigné par le gouvernement en exil du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Pourtant, « Aden a besoin d’urgence d’au moins 200.000 rations alimentaires pour les déplacés », a-t-il affirmé.

Des affrontements sporadiques se poursuivaient dimanche dans la ville, où deux civils et six rebelles ont été tués la veille, selon des sources militaires.

Les rebelles –alliés à des militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh– sont entrés dans Aden fin mars, et ont depuis pris le contrôle de certains bâtiments publics, dont le palais présidentiel et l’aéroport, en dépit des raids de la coalition constituée pour empêcher les Houthis de s’emparer de l’ensemble du Yémen.

Dimanche, des avions de la coalition ont survolé à plusieurs reprises Sanaa, qui est elle complètement sous l’emprise des Houthis. Les rebelles ont répliqué à chaque fois par des tirs de la DCA, provoquant la panique parmi la population, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Un camp de la Garde républicaine, unité d’élite de l’armée ralliée aux Houthis, a été visée par trois raids à Soubaha, à l’ouest de Sanaa, tandis que dans la nuit la coalition a ciblé des dépôts d’armes des rebelles à Dhabwa, au sud-ouest de la capitale, et pour la première fois des positions Houthies dans la province de Raymah (ouest), selon des témoins.

Des camps militaires et positions des rebelles dans les provinces d’Amrane et de Saada (nord), fief des Houthis, ont aussi été touchés dans la nuit par plusieurs raids, selon des habitants et des sources militaires.

Dans le Sud, les frappes ont pris pour cible dimanche un camp de la Garde républicaine, à l’est de Taëz, et un autre camp surplombant la ville, la troisième du Yémen. Au moins dix rebelles ont été tués, selon des sources proches des Houthis.

Tout en se disant ouvert à un dialogue sur la crise dans son pays, proposé par l’ONU pour le 28 mai à Genève, le président yéménite Hadi a réitéré samedi les conditions à la participation de son gouvernement, notamment le retrait par les rebelles chiites des régions qu’ils ont conquises.

Le conflit a déjà fait près de 2.000 morts et forcé plus de 545.000 personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU.

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