Le ministre nord-coréen des Armées exécuté pour s’être assoupi lors d’une cérémonie

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Hyon Yong-Chol,le 16 avril 2015 à Moscou (AFP)
Hyon Yong-Chol,le 16 avril 2015 à Moscou (AFP)

Le ministre nord-coréen des Forces armées, Hyon Yong-Chol, a été exécuté pour déloyauté et manque de respect envers le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, ont annoncé mercredi 13 mai les services secrets sud-coréens, rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

Des centaines de responsables du régime de Pyongyang ont assisté le 30 avril à l’exécution de ce ministre, a précisé à Séoul Han Ki-Beom, directeur adjoint des services de renseignement nationaux sud-coréens,(NIS) devant une commission parlementaire, selon l’agence de presse.

Le Service national du renseignement (NIS) a indiqué ce mercredi 13 mai que «le ministre des Forces armées populaires nord-coréen, Hyon Yong-chol, a été exécuté avec un canon antiaérien en public. Hyon a été accusé de trahison».

Cette méthode d’exécution destinée à frapper les esprits serait réservée aux personnalités de haut rang dont le pouvoir veut faire un exemple.

Tombé en disgrâce

D’après des explications du NIS, Hyon, le numéro deux de l’autorité militaire nord-coréenne, a été fusillé pour «comportemement blasphématoire» devant le leader Kim Jong-un, et notamment pour «s’être endormi lors d’un événement militaire et avoir mal répondu à un ordre de Kim Jong-un», rapporte l’agence sud-coréenne.

Le ministre serait tombé en disgrâce pour avoir montré son mécontentement envers la gouvernance de Kim Jong-Un.

Le ministre exécuté s’était rendu en Russie en avril, en partie pour préparer la participation de Kim Jong-Un aux cérémonies du 9 mai saluant la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne nazie en 1945.

L’exécution le mois dernier de Hyon Yong-Chol serait peut-être aussi le signe d’une lutte de pouvoir au sommet du régime communiste, après la décision de Kim Jong-Un d’annuler une visite prévue à Moscou la semaine dernière pour cause de « problèmes internes ».

Sa carrière avait eu jusqu’ici des hauts et des bas. Il avait obtenu le grade de vice-maréchal en 2012, mais avait été rétrogradé au rang de colonel général plus tard cette même année, pour des raisons inconnues, bien qu’il soit resté à son poste de chef de l’état-major général.

Hyon Yong-Chol avait été nommé à la tête du ministère des Forces armées du peuple il y a moins d’un an.

Avec le numéro deux du régime nord-coréen, Hwang Pyong-so, vice-président du Comité de la défense nationale, Hyon, qui était ministre des des Forces armées populaires depuis juin dernier, jouait un rôle important. Il avait le mois dernier menacé les États-Unis affirmant que la Corée du Nord était prête « à mener une guerre nucléaire contre les États-Unis ».

Règne de la terreur

Le ministère sud-coréen de l’Unification a dénoncé le « règne de la terreur » chez le voisin du Nord.

Depuis son arrivée au pouvoir après le décès de son père Kim Jong-Il en décembre 2011, le jeune numéro un a remanié les forces armées à plusieurs reprises.

Le leader nord-coréen a ordonné depuis le début de l’année l’exécution de 15 responsables qui avaient défié son
autorité, révélaient il y a deux semaines selon les médias les mêmes services secrets à huis clos devant des parlementaires.

En 2013, Kim Jong-un avait aussi limogé et fait exécuter son oncle, Jang Song Thaek, naguère considéré comme le deuxième homme le plus puissant du régime. Les motifs invoqués contre l’oncle du jeune leader allaient de la corruption à des crimes économiques.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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