Le NCSM Iroquois tire sa révérence, plus qu’un seul destroyer canadien encore en service

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On voit ici 8 vaisseaux de guerre canadiens quittant la BFC Halifax en novembre 2007: au premier plan le NCSM Iroquois, suivi d'un hélicoptère Sea King (Photo: caporal Rod Doucet, Service d'imagerie de la Formation, Halifax)
Quittant la BFC Halifax en novembre 2007, le NCSM Iroquois, suivi d’un hélicoptère Sea King (Caporal Rod Doucet, Service d’imagerie de la Formation, Halifax)

C’est aujourd’hui que le NCSM Iroquois, que la trop forte présence de rouille, de fissures et l’état général d’usure avaient obligé les autorités de la Marine royale canadienne à pousser la retraite, tire sa rééérence avec près de 43 ans de service dévoué.

C’est en 2014, le premier navire de la classe Iroquois avait montré ses ultimes signes d’usures. Des ingénieurs et architectes navals avaient en avril de cette année là examiné la corrosion sur une zone qui s’étendait entre les deux ponts du destroyer. Une inspection qui avait valu au navire d’être retiré de son service.

Ces fissures apparentes dues à l’usure avait été détectées lorsque le navire était à Boston. Une équipe d’ingénieurs s’était alors rendu aux États-Unis pour l’inspecter le navire qui avait aussitôt été renvoyé à son port d’attache, Halifax.

L’Iroquois conclue donc officiellement aujourd’hui son service à la Marine royale canadienne lors d’une cérémonie de fin de service à l’arsenal canadien de Sa Majesté à Halifax où les équipages actuels et passés, soldats et aviateurs le salueront pour une dernière fois.

Construit au chantier naval de Sorel, au Québec et mis en service le 29 juillet 1972, le NCSM Iroquois a mené des opérations de sécurité domestiques et internationales avec la Flotte de l’Atlantique de la MRC. Notamment, il a pris part à la première mission d’intervention du Canada à la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Il faisait partie du groupe opérationnel de la MRC qui a quitté Halifax le 17 octobre de cette même année pour mener des opérations antiterroristes dans la mer d’Oman. Le destroyer de défense aérienne de zone a servi lors de missions des Forces maritimes de l’Atlantique (FMAR(A)) pour protéger la souveraineté du Canada dans l’océan Atlantique et faire respecter les lois canadiennes dans ses eaux territoriales. Le NCSM Iroquois a aussi été déployé afin de prendre part à des missions dans le golfe Persique pour des opérations antiterroristes, et à des opérations de lutte contre le trafic de la drogue dans la mer des Caraïbes. Le NCSM Iroquois était le deuxième destroyer à porter ce nom. Le premier navire à porter le nom Iroquois fut construit au Royaume-Uni et a servi durant la Deuxième Guerre mondiale.

Les destroyers comme le NCSM Iroquois sont de navires commandement et de contrôle, mais également les seuls navires de guerre qui ont des systèmes de missiles de défense aérienne à longue portée.

L’Iroquois trop rouillé, l’Algonquin encore en réparation, le Canada se retrouve toutefois maintenant avec un seul destroyer «opérationnel», le NCSM Athabaskan.

C’est dire à quel point la Marine perd un atout essentiel et une partie de ses capacités.

Mais plusieurs frégates de la classe Halifax subissent en ce moment un programme de modernisation longue pour ajouter des systèmes de radar et de commandement et de contrôle, tout en améliorant les capacités radar et de missiles, et la première de ces frégate, le NCSM Fredericton, s’est déjà joint cette année au forces de l’OTAN.

Qui qu’il en soit, aujourd’hui l’heure était à saluer une dernière fois le NCSM Iroquoi, que son équipage a acclamé avant de quitter son bord pour une dernière fois, suivi du commandant au son des honneurs au sifflet pendant que la flamme de mise en service, le pavillon de beaupré et le pavillon du navire étaient descendus, et que le pavillon de bâbord était hissé. Un hommage bien mérité pour un navire et ses marins qui ont servi avec distinction.

«Pendant presque 43 ans, le NCSM Iroquois a protégé nos côtes, répondu aux appels de nos alliés, et contribué à rendre le monde plus sûr. Ses équipages ont servi la Marine avec distinction. Bien que le rôle que ce navire ait joué dans les opérations navales en soit maintenant arrivé à sa fin, la mission de la Marine royale canadienne se poursuit. Les marins du NCSM Iroquois seront sollicités et continueront de voir au maintien de la réputation d’excellence de la Marine dans les opérations en mer et de se préparer à exploiter la flotte d’aujourd’hui et de demain pour répondre aux besoins d’un environnement de sécurité mondial en constante évolution.», a déclaré le Vice-amiral Mark Norman, commandant de la Marine royale canadienne.

«So long, old girl!»

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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