Le président cubain à Moscou pour marquer son rapprochement avec la Russie

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Le président russe Vladimir Poutine (g) participe à une cérémonie Place de la Révolution à La Havane le 11 juillet 2014 en compagnie de son homologue cubain, Raùl Castro, en hommage à José Marti, fondateur du Parti Révolutionnaire Cubain et considéré à Cuba comme un héros national  (Service de presse du Kremlin)
Le président russe Vladimir Poutine (g) participe à une cérémonie Place de la Révolution à La Havane le 11 juillet 2014 en compagnie de son homologue cubain, Raùl Castro, en hommage à José Marti, fondateur du Parti Révolutionnaire Cubain et considéré à Cuba comme un héros national (Service de presse du Kremlin)

Le président cubain Raul Castro a évoqué mercredi à Moscou les « perspectives de rapprochement » entre son pays et la Russie, héritière de son ancienne alliée, l’URSS, à la veille des célébrations de la victoire sur l’Allemagne nazie.

Arrivé mardi dans la capitale russe, Raul Castro Ruz est le premier des invités du Kremlin pour le défilé militaire du 9 mai, qui marquera samedi le 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, des festivités qui auront également lieu à La Havane.

Il s’agit de la 3e visite de Raul Castro en Russie en tant que président. Familier des lieux, il s’y était rendu à 23 reprises à l’époque soviétique.

Accompagné notamment de son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla et de son ministre des Forces armées révolutionnaires Leopoldo Cintra Frías, Raul Castro a rencontré le Premier ministre Dmitri Medvedev pour, officiellement, discuter des « perspectives de rapprochement russo-cubain ».

Il s’entretiendra jeudi avec Vladimir Poutine de « politique, d’échanges commerciaux, de coopération économique et des problématiques régionales et internationales », selon un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.

« Pour nous, (le 9 mai) est une date très importante et quand nos chers amis nous rendent visite, c’est vraiment très bien », s’est félicité M. Medvedev.

Le président cubain a raconté être « né à la période qui a vu votre pays vaincre » l’Allemagne. « Je ne pouvais pas ne pas venir », a-t-il ajouté.

Sa visite coïncide aussi avec le 55e anniversaire de l’établissement avec l’URSS de relations diplomatiques, qui ont récemment connu un renouveau avec la Russie, après une pause dans les années 1990. L’été dernier, Vladimir Poutine avait ainsi annulé 90% de la gigantesque dette contractée par La Havane auprès de Moscou pendant la période soviétique, soit 28,1 milliards d’euros.

Cuba n’a plus qu’à rembourser 3,1 milliards d’euros sur dix ans, une somme qui sera réinvestie à terme par la Russie dans l’économie cubaine.

Pour certains observateurs, ce geste de Moscou est lié à une volonté d’enrayer le rapprochement entre La Havane et Washington, qui a culminé mi-décembre avec l’annonce historique du président américain Barack Obama de son intention d’oeuvrer à la levée de l’embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba.

D’autres comme Viktor Kremeniouk, de l’Institut USA-Canada de Moscou, y voient une tactique de La Havane pour « obtenir davantage » de la Russie.

« Les Etats-Unis et la Russie sont déjà en compétition pour l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, l’Europe de l’Est… et maintenant Cuba. Est-ce bien nécessaire pour nous ? », s’interroge l’expert. « En forçant la Russie à rivaliser avec les Etats-Unis, Cuba tente d’obtenir davantage des deux puissances », estime-t-il.

La fin de l’embargo économique et financier de Washington ne « menace pas (les) relations stratégiques étroites » entre Moscou et son ancien allié de la Guerre froide, a assuré de son côté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui s’est rendu à Cuba fin mars.

Pour souligner la bonne entente entre les deux pays, la visite de Raul Castro a été jumelée avec celle à La Havane de Sergueï Narychkine, président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe.

« Nous saluons la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Nous voulons croire en la sincérité des intentions d’Obama, mais nous n’avons pas de garanties. Nous vous demandons d’être très prudents », a lancé mardi à ses hôtes M. Narychkine, selon le journal russe Komsomolskaïa Pravda.

Isolée sur la scène internationale depuis que la crise ukrainienne l’a opposée aux Occidentaux et à Kiev, la Russie a tenté de réunir des soutiens en Amérique latine, resserrant ses liens avec ce sous-continent grâce à la tournée sud-américaine de M. Poutine en juillet et, plus récemment, celle de M. Lavrov.

Cuba a ainsi soutenu Moscou dans son bras de fer contre Washington, l’ancien président Fidel Castro accusant l’Otan de promouvoir une « guerre d’extermination » contre la Russie

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