Le présumé criminel de guerre nazi d’Ormstown Vladimir Katriuk est mort

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Vladimir Katriuk, 93 ans, qui, selon la Russie, a pris part au massacre du village de Khatyn, le 22 mars 1943, et qui vit maintenant à Ormstown, à 80 km de Montréal (Ambassade russe à Ottawa)
Vladimir Katriuk, 93 ans, qui, selon la Russie, a pris part au massacre du village de Khatyn, le 22 mars 1943, et qui vivait à Ormstown, à 80 km de Montréal (Ambassade russe à Ottawa)

Vladimir Katriuk, l’apiculteur d’Ormstown, au Québec, placé sur la liste des 10 criminels nazis les plus recherchés par le Centre Simon-Wiesenthal, une organisation internationale de défense des droits des Juifs, et dont la Russie avait demande l’extradition début mai afin qu’il soit jugé pour crimes de guerre, est décédé, rapporte aujourd’hui la Presse Canadienne.

Son avocat, Me Orest Rudzik, cité par l’agence de presse, a indiqué jeudi que l’homme de 93 ans était décédé – «vendredi dernier, je crois […] d’un accident vasculaire cérébral ou quelque chose de lié», après une longue maladie.

L’homme, d’origine ukrainienne, était établi au Canada depuis les années 50 et il détenait la citoyenneté canadienne. Il vivait avec sa femme dans le village d’Ormstown en Montérégie,à 80 km de Montréal, où il élevait des abeilles.

Katriuk, s’était porté volontaire pour servir dans le bataillon SS 118 (ce qu’il ne niait pas). Il était soupçonné d’avoir participé à la tuerie du village de Katyn en Biélorussie de mars 1943, alors que son bataillon a assassiné 149 civils, dont 75 enfants et adolescents en les enfermant dans une grange avant d’y mettre le feu.

À ne pas confondre avec le massacre de Katyń du printemps 1940 où c’est la police politique de l’Union soviétique (le NKVD), qui avait éliminé plusieurs milliers de Polonais, essentiellement des officiers.

Katriuk, était poursuivi depuis de nombreuses années par les fantômes de son passé. Dès 1999, la Cour fédérale du Canada avait jugé qu’il avait menti pour obtenir sa citoyenneté canadienne, cachant le fait qu’il s’était volontairement enrôlé dans un bataillon nazi.

Les autorités avaient alors décidé de révoquer sa citoyenneté, mais la décision avait été cassée en appel en 2007.

Puis en 2012, il a été placé par le Centre Simon-Wiesenthal au quatrième rang de la liste des 10 fugitifs nazis les plus recherchés dans le monde et, le 8 mai, la Russie a demandé son extradition.

En outre, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes avait demandé jeudi au gouvernement canadien de se pencher sur le cas.

L’organisme souhaitait que le Canada prenne «les mesures nécessaires» afin de veiller à ce que M. Katriuk, s’il devait être reconnu coupable, «soit tenu responsable des crimes de guerre commis en collaboration avec le régime nazi» pendant la Deuxième Guerre mondiale.

«Alors que nous soutenons la position du Canada concernant l’intégrité de l’Ukraine et la nécessité de s’opposer à toute atteinte à sa souveraineté, nous devons absolument nous assurer que justice soit faite concernant les atrocités perpétrées par les nazis contre les Juifs et beaucoup d’autres au cours de la Seconde Guerre mondiale», avait écrit Shimon Koffler Fogel, directeur général du Centre consultatif des relations juives et israéliennes.

Mais, maintenant décédé, Katriuk, qui n’avait pas à ce jour été reconnu coupable, aura donc réussi à échapper à la justice et n’aura finalement pas à répondre des crimes qu’il aurait commis.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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