L’armée américaine admet avoir tué des enfants dans une attaque en Syrie

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Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d'un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l'opération Inherent Resolve contre le groupe armé l'État islamique (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)
Un F-16 Fighting Falcon de la US Air Force reçoit du carburant à partir d’un KC-135 Stratotanker, le 16 décembre 2014, dans le cadre de l’opération Inherent Resolve contre le groupe armé l’État islamique (Archives/sergent Chelsea Browning/US Air Force)

Dans un rapport qu’elles ont dû rendre disponible en vertu du Freedom of Information Act, les forces américaines ont reconnu pour la première fois,des victimes civiles dans ses bombardements en Irak et en Syrie, admettant explicitement qu’une frappe en novembre 2014 près de Harem en Syrie contre le groupe extrémiste Khorassan avait tué deux enfants.

Le Freedom of Information Act (FOIA), qu’on pourrait appeler en français la « Loi pour la liberté d’information », est cette loi américaine fondée sur le principe de la liberté d’information qui oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents à quiconque en fait la demande (plusieurs démocraties, dont le Canada, ont d’ailleurs des lois semblables).

Le FOIA a été voté dans le contexte de la guerre du Viêt Nam, l’opinion publique, méfiante, exigeant alors l’accès aux documents de l’administration américaine.

C’est ainsi que, ne pouvant arguer dans le cas de cette enquête de raisons de sécurité nationale ou de secret défense qui auraient pu l’en exempter, le United States Central Command (CENTCOM) a du rendre public le rapport de l’enquête militaire menée sur ces frappes, en version expurgée toutefois.

«Nous regrettons ces décès non intentionnels», a pour sa part déclaré dans un communiqué à ce sujet le général américain James Terry, le chef du CJTF, le commandement militaire qui dirige les frappes de la coalition en Irak et en Syrie.

L’enquête militaire américaine conclut que «les frappes aériennes menées contre des installations utilisées par le groupe Khorassan près de la ville de Harem ont probablement provoqué la mort de deux enfants non-combattants», selon le communiqué.

Celui-ci ne le précise pas, mais les frappes du 5 au 6 novembre sur Khorassan avaient tué son artificier, le Français David Daoud Drugeon, un expert en explosifs au sein du groupe qui planifiait des attentats dans les pays occidentaux.

Avant les frappes, l’armée américaine avait «conduit une évaluation rigoureuse» des bâtiments visés, et conclu que le groupe Khorassan les utilisait «uniquement à des fins militaires», indique le communiqué.

Dans cette évaluation, «il n’y avait pas d’indication qu’il y avait des enfants dans les bâtiments visés», ajoute le communiqué. Les bombardements ont aussi causé des «blessures légères» à deux «adultes non-combattants» habitant à proximité, selon la même source.

Les frappes ont été conduites en conformité avec les règles de l’armée américaine et des principes internationaux sur les conflits armés, notamment «la nécessité militaire», «l’humanité», «la proportionnalité», affirme également le communiqué.

L’armée américaine n’avait encore jamais reconnu de victimes civiles dans les bombardements en cours en Irak et en Syrie, contre le groupe État Islamique et d’autres groupes extrémistes.

Pas plus qu’au Canada avec la Loi d’accès à l’information, le Freedom of Information Act américain ne permet toutefois « d’aller à la pêche ». Les demandes d’informations, pour être satisfaites, doivent être précises.

150521-Investigation – Harim Syria CIVCAS, 5-6 Nov 14

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