Le régime syrien mène d’intenses raids aériens sur Palmyre, 160 objectifs visés

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 Les djihadistes hissent le drapeau de l'#EI sur la citadelle médiévale (époque mamelouke) de Palmyre (@romaincaillet/compte Twitter)
Les djihadistes hissent le drapeau de l’#EI sur la citadelle médiévale (époque mamelouke) de Palmyre (@romaincaillet/compte Twitter)

L’aviation syrienne a mené lundi d’intenses raids sur la ville de Palmyre et sa banlieue, prise jeudi par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui continuent néanmoins de progresser en direction de Damas, selon une ONG et une source militaire.

L’armée de l’air a frappé plus de 160 objectifs de Daech (acronyme en arabe de l’EI), tuant et blessant des terroristes et détruisant des armes et des engins équipés de mitrailleuses dans le périmètre de Tadmor (nom arabe de Palmyre) et dan tout l’est de la province de Homs, où se trouve la ville, a affirmé la source militaire.

Nous poursuivons Daech partout où il se trouve. Les opérations militaires se poursuivent dans le périmètre de la localité d’al-Sokhna, de Tadmor, des champs gaziers d’al-Hel et Arak et sur toutes les routes qui conduisent vers Tadmor, a-t-elle ajouté.

La télévision officielle syrienne a indiqué de son côté que plus de 50 terroristes de Daech avaient été tués lors d’une série de raids.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, il s’agit des raids les plus intenses depuis la prise de la ville. Il y a au moins quatre civils tués et des dizaines de blessés et il y a aussi des morts parmi les jihadistes de Daech, a-t-il ajouté.

Les raids ont visé plusieurs quartiers de la ville, notamment le secteur de l’hôpital national, la bâtiment des services de sécurité, ainsi que une zone proche du célèbre site gréco-romain.

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Mines de phosphates aux mains de l’EI

Mais ces frappes n’ont pas empêché, selon l’OSDH, l’EI d’avancer en direction de Damas et de prendre d’importantes mines de phosphate, à 70 km au sud de Palmyre.

L’EI a encore progressé sur la route Tadmor-Damas et s’est emparé des mines de phosphate de Khnaifess et d’habitations proches. Il a ainsi étendu son contrôle sur des zones plus vastes encore et de grand intérêt économique, a poursuivi l’OSDH.

Les mines de Khnaifess sont les deuxièmes plus importantes du pays. La majorité des mines se trouvent dans l’est de la Syrie sous contrôle de l’EI.

Au 1er semestre 2014, selon la Compagnie générale des phosphates et des mines, la production totale s’était élevée à 493.822 tonnes. Les ventes n’avaient rapporté que 30 millions de dollars, dont 28 millions à l’exportation et le reste pour la fabrication locale de fertilisants.

En 2011, la production était de plus de 2 millions de tonnes et la Syrie est considérée comme ayant les plus importantes réserves de phosphates au monde.

Avec la suspension des exportations de pétrole, les phosphates représentaient l’une des dernière sources de revenus de l’Etat, assure l’hebdomadaire économique en ligne Syria Report.

 Massacre ‘odieux’

Par ailleurs, l’EI a exécuté au moins 217 personnes, dont 67 civils y compris des enfants et 150 membres des forces de sécurité, depuis qu’il s’est emparé il y a neuf jours d’une partie de la province de Homs dont Palmyre, selon l’OSDH.

Selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, citant des habitants, l’EI a tué samedi plus de 250 civils en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées et dimanche 200 autres en les égorgeant. Parmi les victimes figurent des fonctionnaires, des médecins et des infirmières, dont une directrice de l’hôpital de Palmyre.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé un massacre odieux à Palmyre, et a appelé dans un message le Conseil de sécurité de l’ONU à s’impliquer concrètement dans la lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, le directeur syrien des antiquités, Maamoun Abdelkarim, a indiqué que trois fonctionnaires de son service avaient été blessés par balles en sortant à bord de deux camions, une centaine de pièces du musée de Palmyre, le jour de l’entrée de l’EI dans la ville.

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