Livraison du Mistral: désaccord entre Paris et Moscou sur le montant du remboursement

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Les Russes s'impatientent et attendent  la livraison du premier bâtiment de projection de combat de classe Mistral construit pour eux par la France(EPA/Marcus Brandt)
Les Russes s’impatientent et attendent la livraison du premier bâtiment de projection de combat de classe Mistral construit pour eux par la France(EPA/Marcus Brandt)

Paris et Moscou peinent à se mettre d’accord sur les conditions d’annulation de la vente des navires Mistral à la Russie, les autorités russes jugeant, selon la presse russe, le montant du remboursement insuffisant dans ce dossier qui empoisonne leurs relations depuis des mois.

Selon le quotidien russe Kommersant, Paris est prêt à rembourser à Moscou près de 785 millions d’euros d’avances déjà perçus, une fois que les autorités russes auront accepté par écrit que les deux navires de guerre Mistral, dont la livraison est suspendue depuis novembre en raison de la crise ukrainienne, pourront être revendus par la France à une tierce partie.

Le Kremlin estime toutefois le préjudice subi par la Russie à près de 1,163 milliard d’euros et refuse tout accord pour une réexportation des navires avant que l’argent ne soit rendu, selon le quotidien économique qui cite des sources au sein du complexe militaire russe.

Moscou met notamment en avant les sommes dépensées pour la formation des 400 marins qui devaient constituer l’équipage, la construction des infrastructures à Vladivostok, où devait être basé le premier Mistral, et la fabrication de quatre hélicoptères de combat.

Les projets de documents sont actuellement étudiés par le gouvernement russe, le ministère de la Défense et tous ceux engagés dans le contrat des Mistral, a expliqué au journal une source proche du dossier.

La proposition de remboursement formulée par la France ne nous convient catégoriquement pas, ce dont le vice-premier ministre Dmitri Rogozine a informé la partie française, a indiqué une autre source.

Des discussions amiables sont en cours sur les conditions et l’avenir du contrat, a indiqué une source diplomatique française à l’AFP tandis que l’Elysée renvoie simplement aux récentes déclarations du chef de l’Etat français François Hollande.

Celui-ci avait admis pour la première fois fin avril que la France pourrait être amenée à rembourser les sommes déjà versées par la Russie pour l’acquisition des deux navires s’ils n’étaient pas livrés.

Selon un vice-directeur du service russe de coopération militaire et technique, les deux pays mènent actuellement des consultations et s’attendent à aboutir à un accord avant la fin mai.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a refusé vendredi de commenter la bataille de chiffres entre Paris et Moscou, réitérant les déclarations de Vladimir Poutine: la Russie est prête à recevoir soit les navires, soit l’argent engagé dans le contrat.

Le ministre russe des Affaires étrangères a de son côté affirmé que la question des Mistral ne relevait plus de la diplomatie ou la politique, mais de la sphère juridique et commerciale.

La France et la Russie ont conclu en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy un contrat évalué à près d’1,2 milliard d’euros portant sur la livraison de deux portes-hélicoptères de classe Mistral.

Paris avait annoncé fin novembre le report jusqu’à nouvel ordre de la livraison du premier de ces bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits à Saint-Nazaire (ouest), en raison de l’implication présumée de Moscou dans le conflit ukrainien.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de fournir en armes et combattants les séparatistes prorusses de l’Est de l’Ukraine et d’y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément catégoriquement.

Le premier de ces navires, le Vladivostok, devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, mais il est toujours au port de Saint-Nazaire, tout comme le deuxième navire, le Sébastopol, du nom du port abritant la flotte russe en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars 2014 par la Russie.

Ces navires de guerre polyvalents peuvent transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

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