Lutte à la radicalisation: Stephen Harper annonce à Montréal 150 Millions $ de plus pour la GRC

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Le Premier ministre Stephen Harper annonce l’intention d’offrir un soutien à long terme à la Gendarmerie royale du Canada et à l’Agence des services frontaliers du Canada afin d’aider à lutter contre les menaces terroristes, notamment celles qui émanent des voyageurs à haut risque (PMO)
Le Premier ministre Stephen Harper annonce l’intention d’offrir un soutien à long terme à la Gendarmerie royale du Canada et à l’Agence des services frontaliers du Canada afin d’aider à lutter contre les menaces terroristes, notamment celles qui émanent des voyageurs à haut risque (PMO)

Alors qu’il ne se passe pas un mois depuis février dernier sans qu’on apprenne l’arrestation à Montréal de jeunes aspirants djihadistes qui tentent de s’envoler pour le Moyen-Orient pour se joindre aux groupes extrémistes, c’est ici, dans un bâtiment de l’aéroport de Montréal, que Harper, qui a une nette préférence pour l’«option sécuritaire» ici et militaire à l’étranger, a annoncé une augmentation des ressources de la police fédérale et des services frontaliers pour lutter contre la menace terroriste.

Accompagné, notamment, du ministre de la Sécurité publique Steven Blaney, le premier ministre Stephen Harper a annoncé aujourd’hui l’intention de son gouvernement d’offrir un soutien à long terme à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour les aider encore davantage à lutter contre les menaces terroristes, notamment celles qui émanent des voyageurs à haut risque.

«Le Canada est un pays démocratique, libre, ouvert et tolérant, et bien que j’ai une grande sympathie pour les familles touchées, il n’y a aucune excuse ou aucune raison pour un Canadien de devenir djihadiste», a martelé à cette occasion le premier ministre canadien.

Ce week-end encore, l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale (EISN) menée par la GRC a effectué une série d’arrestations au cours du dernier week-end pour perturber les intentions d’une dizaine de Montréalais qui sont soupçonnées avoir eu l’intention de quitter le pays pour rallier les rangs de groupes djihadistes.

Au total, c’est plus d’une dizaine de jeunes Montréalais qui ont été impliqués dans des affaires de terrorisme depuis les attentats de l’automne dernier qui avaient coûté la vie à deux militaires canadiens et que n’a pas manqué d’évoquer le premier ministre harper en conférence de presse cet après-midi.

Les attentats d’octobre avaient été précédés d’un appel au meurtre par le groupe armé l’État islamique qui enjoignait ses fidèles à joindre ses rangs ou, s’il ne le pouvaient pas, à tuer des citoyens des pays coalisés pour le détruire Les Canadiens figuraient alors et figurent toujours en bonne place sur la liste des cibles des djihadistes.

150,36 Millions $ à la GRC

La GRC recevrait ainsi 150,36 millions de dollars pour lui permettre «d’accroître sa capacité de mener des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale».

Les nouvelles ressources accordées à la GRC lui permettront d’accroître sa capacité de mener des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale. Elles soutiendront notamment les services de police de première ligne par l’intermédiaire des cinq équipes intégrées de la sécurité nationale dirigées par la GRC, qui font enquête sur les voyageurs à haut risque et d’autres menaces à la sécurité nationale, a dit le premier ministre.

Les équipes intégrées, comme celle qui a mené le coup de filet de ce week-end à Montréal, comptent des représentants de la GRC ainsi que de partenaires et organismes fédéraux comme l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et des services de police provinciaux et municipaux.

5,4 Millions $ à l’ASFC

L’ASFC pour sa part obtiendra 5,4 millions $ pour «améliorer sa capacité d’identifier les voyageurs à haut risque» et appuyer sa participation au centre d’opérations conjointes en matière de sécurité nationale de la GRC.

Les nouvelles ressources consenties à l’ASFC permettront quant à elles d’améliorer la capacité de l’Agence d’identifier les voyageurs à haut risque et soutiendraient sa participation au centre d’opérations conjointes en matière de sécurité nationale dirigé par la GRC, un groupe qui examine les cas des voyageurs extrémistes afin de planifier l’intervention la plus efficace, rapide et responsable possible.

«Notre gouvernement comprend que le djihadisme violent n’est pas une possibilité de l’avenir, mais bien une réalité du présent au Canada et dans le monde entier. Nous savons que nous devons être prêts à contrer cette menace dès maintenant. C’est la raison pour laquelle notre gouvernement continuera de faire tout ce qui est nécessaire pour protéger les Canadiens et aider à vaincre ceux qui attaquent nos valeurs. L’annonce aujourd’hui aide à veiller à ce que les hommes et les femmes braves qui combattent en première ligne le terrorisme et l’extrémisme violent disposent des ressources nécessaires pour nous protéger », a déclaré le premier ministre.

Les mesures nécessiteront l’approbation du Parlement

Ces sommes annoncées proviennent de l’enveloppe de 295 millions de dollars annoncée par le ministre des Finances Joe Oliver dans son budget du 21 avril dernier. Elles n’ont cependant pas encore été approuvées par le Parlement.

Les mesures annoncées aujourd’hui exigeront donc l’approbation du Parlement.

« Le Canada n’est pas à l’abri des menaces terroristes. Les attaques brutales qui ont été perpétrées au mois d’octobre dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) et à Ottawa en sont de tragiques exemples. Le Plan d’action économique (EAP) 2015 propose de donner plus de ressources d’enquête aux organismes de renseignement et d’application de la loi afin qu’ils puissent mieux contrer la menace en constante évolution que présente le terrorisme et continuer de protéger les Canadiens », a conclu le premier ministre Harper.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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