Mali: la rébellion paraphera jeudi l’accord d’Alger

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Touaregs et islamistes au Mali (Archives/Lareleve.ma)
Touaregs et islamistes au Mali (Archives/Lareleve.ma)

La rébellion à dominante touareg paraphera jeudi à Alger l’accord pour la paix au Mali du 1er mars, ont confirmé mercredi le ministère algérien des Affaires étrangères et les rebelles, qui ont cependant exclu de signer le document le lendemain à Bamako.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) a annoncé dans un communiqué sa décision de parapher le document, expliquant ainsi honorer les engagements antérieurement pris.

« Cette décision fait aussi suite aux engagements pris par la médiation internationale et acceptés par la partie malienne (le gouvernement, NDLR) d’engager des discussions sur les demandes et observations de la CMA après le paraphe et avant la signature du document final », affirme la rébellion, précisant que celles-ci porteront également sur les modalités d’application.

« Quant à la date du 15 mai 2015, arrêtée pour la signature proprement dite et fixée sans avoir consulté la CMA, elle n’engage pas celle-ci qui, d’ores et déjà, informe qu’elle ne sera pas présente à la cérémonie prévue vendredi à Bamako », souligne la rébellion, levant les derniers doutes sur sa position attendue.

Auparavant, le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Chérif, avait confirmé à l’AFP que la CMA parapherait jeudi l’accord d’Alger, deux mois et demi après le gouvernement malien et ses alliés.

Un responsable rebelle et une source de sécurité régionale avaient indiqué mardi à l’AFP à Bamako que des délégations des groupes de la CMA se rendraient mercredi à Alger pour parapher en principe cet accord, malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis le 27 avril.

Une source au sein de la médiation internationale à Bamako a précisé mercredi à l’AFP que les délégations étaient attendues dans la soirée à Alger, de même que le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mongi Hamdi.

L’accord, qui doit être signé officiellement vendredi à Bamako en présence d’une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement, le sera probablement par deux des cinq groupes de la CMA, a estimé cette source.

Le document a été paraphé à Alger le 1er mars par le camp gouvernemental mais pas par la rébellion qui, après avoir consulté sa base, avait indiqué ne pas pouvoir l’avaliser en l’état.

Dans un communiqué publié tôt mercredi, la CMA rappelle avoir réclamé en vain des amendements, mais s’être résolue à accepter lors de discussions le 26 avril avec M. Hamdi de parapher le document avant l’ouverture de discussions intermédiaires entre la période qui sépare le paraphe et la signature.

Les ministres algérien et français des Affaires étrangères avaient appelé mardi à cette signature dans l’intérêt de la paix au Mali et dans la région, selon Laurent Fabius, qui s’exprimait à Alger avec son homologue algérien Ramtane Lamamra.

Le texte prévoit la création d’Assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au suffrage universel direct, mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni fédéralisme et ne reconnaît l’Azawad, nom par lequel les rebelles désignent le nord du Mali, que comme une réalité humaine, sans contenu politique.

La CMA réclame la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de 80% de ressortissants de l’Azawad dans les forces de sécurité.

Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette zone par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle du pouvoir central.

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