Népal: fin de l’Opération RENAISSANCE 15

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Des membres du génie de combat de l'équipe d'intervention en cas de catastrophe des Forces armées canadiennes dégagent une ruelle à l'aide d'une mini-excaveuse, dans la ville de Sankhu au Népal, durant l'opération Renaissance 15-1, le 10 mai 2015.  Photo: Sgt Yannick Bédard, Caméra de combat des Forces canadiennes. IS01-2015-0004-068
Des membres du génie de combat de l’équipe d’intervention en cas de catastrophe des Forces armées canadiennes dégagent une ruelle à l’aide d’une mini-excaveuse, dans la ville de Sankhu au Népal, durant l’opération Renaissance 15-1, le 10 mai 2015. (Sgt Yannick Bédard/Caméra de combat des Forces canadiennes)

L’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) des Forces armées canadiennes, ainsi que le personnel civil, politique et humanitaire du ministère des Affaires étrangères, ont commencé à se retirer progressivement du Népal après y avoir été déployés à la suite du séisme dévastateur qui a secoué le pays le 25 avril 2015.

«Notre implication directe est terminée. Nous remettons nos contacts aux officiels gouvernementaux et aux organisations, et tout sera terminé dans les prochains jours», a indiqué à 45eNord.ca le lieutenant-colonel Ed Izatt, commandant de l’équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC).

Une centaine de membres de l’équipe sont désormais en route vers le Canada, et une cinquantaine d’autres, encore au Népal, se préparent à finaliser le déploiement.

Le major Bernard Couillard, commandant du peloton médical de l’EICC rappelle que lorsque les Canadiens sont arrivés, ils devaient encore gérés quelques patients ayant subis des traumatismes lors du tremblement de terre du 25 avril. Toutefois, la phase de soutien général commençait vraiment.

Le major Bernard Couillard et le capitaine Ian Miller, visiten  l'hôpital de campagne militaire israélien, à Katmandou, avec le commandant de la Force opérationnelle israélienne, le 1er mai 2015. (Caporal-chef Cynthia Wilkinson/Centre d'imagerie interarmées des Forces armées canadiennes)
Le major Bernard Couillard et le capitaine Ian Miller, visitent l’hôpital de campagne militaire israélien, à Katmandou, avec le commandant de la Force opérationnelle israélienne, le 1er mai 2015. (Caporal-chef Cynthia Wilkinson/Centre d’imagerie interarmées des Forces armées canadiennes)

«Les consultations qu’on avait en lien avec le séisme étaient en nette diminution pour faire place à des consultations de de soins de santé générale, de demandes chroniques (de blessures liées au quotidien et non au séisme, ndlr)», a indiqué le major Couillard à 45eNord.ca lors d’une interview téléphonique.

«Ce qui est nouveau, c’est que le 12 mai, alors que nous étions dans une phase de reconstruction, il y a eu un second tremblement de terre qui a entraîné de nouveaux blessés. Alors on est comme temporairement rerentré dans la phase de soutien immédiat».

Après avoir reçu une demande d’assistance, le peloton médical a ainsi monté trois équipes de quatre médics canadiens, dont la mission étaient de réceptionner des blessés, avant de les évacuer vers d’autres installations, plus définitives. «Il y avait beaucoup de blessures impressionnantes, des fractures fermées, des fractures ouvertes, des blessures par écrasement… En tout nous avons stabilisés 19 patients, grâce au triage de l’armée népalaise qui faisait un tri initial des blessés et évaluait qui avait vraiment besoin d’une stabilisation».

C’est d’ailleurs à ce moment que les Canadiens ont acquis leurs lettres de noblesses auprès de leurs confrères népalais selon le major Couillard, car ils ont vu la rapidité de réaction des Canadiens.

Sur demande, l’EICC a collaboré avec l’armée népalaise pour renforcer ses capacités. Les médecins spécialistes de l’EICC ont ainsi offert une formation à l’équipe médicale avancée népalaise pour améliorer ses capacités et lui permettre de mieux effectuer des opérations médicales mobiles.

L’EICC a:

· traité plus de 700 patients népalais;

· distribué 75 unités de filtration d’eau et permis à environ 3 400 personnes d’avoir accès à de l’eau potable;

· fourni 750 cartes et éléments visuels aux militaires népalais et étrangers ainsi qu’à des organisations non gouvernementales et à des organismes des Nations Unies;

· retiré plus de 3 000 mètres cubes de gravats (soit le contenu d’environ 720 camions-bennes) et dégagé des routes, ce qui a permis d’accéder à environ 204 000 Népalais isolés par la catastrophe;

· aidé à la diffusion de plus de 300 avis de sécurité publique;

· distribué plus de 355 radios à manivelle, ce qui a permis à des collectivités éloignées d’être informées des opérations de secours.

Suite à ce retour en arrière, la phase de reconstruction a pu vraiment débuter et l’équipe médicale canadienne a peu à peu changé sa mission, puisque le personnel médical népalais était capable d’absorber les demandes du quotidien, pour apporter du soutien à leurs ingénieurs.

«Ils ont commencé à travailler à démolir des buildings instables, à dégager des routes, et ça c’est une activité à haut risque», à précisé le major Couillard, rappelant qu’il y aurait pu avoir des glissements de terrains, ou bien des effondrements de murs.

Désormais, le détachement canadien se prépare à rentrer au Canada. L’équipement est en train d’être rapatrier vers l’aéroport de Katmandou et une fois l’inventaire terminé, tout sera mis dans l’avion, direction le Canada, avec un arrêt en Allemagne. Au cours de leur arrêt dans le pays, l’équipe canadienne recevra des présentations sur le stress opérationnel. Pour plusieurs membres d’Op RENAISSANCE 15, la mission a été assez stressante comme l’a raconté le major Couillard.

Entre la gestion des conséquences de la catastrophe, le second tremblement de terre vécu par tous, la mission aura été stressante, mais couronné de succès pour les Canadiens qui repartent avec le sentiment du devoir accompli.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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