Mutineries et désobeissances, 579 militaires nigérians devant la cour martiale

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Photo fournie par l'armée nigériane montrant ses troupes traversant un pont à Damasak au Nigeria, le 15 mars 2015 (Photo Service de presse de l'armée nigériane/AFP)
Photo fournie par l’armée nigériane montrant ses troupes traversant un pont à Damasak au Nigeria, le 15 mars 2015 (Photo Service de presse de l’armée nigériane/AFP)

L’armée nigériane a annoncé mercredi juger actuellement 473 officiers et soldats pour indiscipline, quelques mois après la condamnation de 66 militaires à la peine capitale pour mutinerie au cours de procès similaires.

Le porte-parole de l’armée, Sani Usman, n’a pas donné les charges exactes retenues contre ce groupe qui comparaît en ce moment en cour martiale, mais, selon Femi Falana, un avocat des droits de l’homme impliqué dans cette affaire, certains d’entre eux sont également accusés de mutinerie.

Souvent, les soldats nigérians postés dans le nord-est du pays ont refusé de combattre contre le groupe islamiste Boko Haram par le passé, mettant en avant leur manque d’équipement.

« L’essence de tous ces procès est de mettre l’accent sur la discipline et le professionnalisme », a déclaré M. Usman, sans donner plus de détails.

Selon Me Falana, qui a défendu 54 soldats condamnés à mort en décembre dernier et qui a suivi de près cette nouvelle affaire, les militaires actuellement jugés font face à des charges diverses selon les cas: lâcheté, mutinerie et désobéissance.

Douze autres soldats avaient été condamnés à mort en septembre dernier pour mutinerie après qu’un commandant ait été visé par des tirs.

Selon l’armée et des sources indépendantes, la condition des soldats s’est améliorée dans le nord-est ces derniers mois, grâce notamment à un nouvel approvisionnement en armes pour lutter contre Boko Haram.

Aussi, une opération militaire régionale, initiée en février et à laquelle prennent part le Tchad, le Cameroun et le Niger voisins, a contribué à enregistrer nombre de victoires face au groupe islamiste dans cette région.

Malgré ces améliorations, des soldats ont continué à se plaindre notamment de ne pas être payés correctement et de manquer d’équipement.

L’année dernière, des soldats postés à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno et la plus grande ville du nord-est du Nigeria, se sont rebellés après avoir été assignés dans une région reculée pour combattre les islamistes.

Les épouses des soldats ont elles aussi organisé une manifestation devant une caserne, pour dénoncer l’utilisation de leurs maris comme « chair à canon » face à des insurgés bien mieux armés.

Selon Me Falana, les condamnation à mort précédentes n’ont pas encore été approuvées par le haut commandement de l’armée, des remises de peine restent donc possibles.

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