Nucléaire: l’Iran rejette l’inspection de ses sites militaires

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Abbas Araghchi, le négociateur en chef de l'Iran (Archives/Fabrice Coffrini/AFP)
Abbas Araghchi, le négociateur en chef de l’Iran (Archives/Fabrice Coffrini/AFP)

L’Iran refuse que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mène des «inspections de ses sites militaires» et interroge ses scientifiques dans le cadre d’un accord sur le nucléaire, a déclaré samedi un haut négociateur iranien selon la télévision d’État.

Cette déclaration d’Abbas Araghchi, faite peu avant la rencontre entre le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et son homologue américain John Kerry à Genève, reprend la position exprimée par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 20 mai dernier.

Toutefois, M. Araghchi a fait il y a quelques jours la distinction entre inspection et accès aux sites militaires dans le cadre de l’accord en cours de finalisation.

«L’interrogatoire de nos savants est définitivement hors de question et l’inspection des sites militaires aussi», a déclaré M. Araghchi, tout en nuançant son propos pour ce qui est du protocole additionnel, qui prévoit un simple accès aux sites.

«Dans le cadre du Protocole additionnel et les procédures prévues par ce protocole, les discussions continuent. Il n’y toujours pas d’accord sur cette question, les deux discussions continuent (… ) La manière d’appliquer le protocole additionnel est un des sujets de divergences sur lequel on discute», a-t-il ajouté.

Le protocole additionnel au Traité de non prolifération, dont l’application a été acceptée par Téhéran dans le cadre d’un accord sur le nucléaire, permet des inspections poussées des sites nucléaires, mais aussi l’accès à d’autres sites, y compris des sites militaires, par les inspecteurs de l’AIEA.

Selon Téhéran un tel accès est réglementé, et doit être justifié.

MM. Kerry et Zarif pilotent depuis des mois les négociations entre les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et Téhéran, sous l’égide de l’UE, afin de trouver un accord définitif sur le programme nucléaire controversé de la République islamique.

Les parties ont jusqu’au 30 juin pour graver dans le marbre un texte final.

La question de l’inspection est sensible. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a ainsi déclaré mercredi que la France n’accepterait pas d’accord si Téhéran refusait la vérification de ses installations militaires.

M. Araghchi a expliqué le 26 mai à la télévision iranienne qu’une «liste de savants a été soumise à l’Iran pour être interrogés afin de clore ensuite la question de la possible dimension militaire» (PMD en anglais) du programme iranien par l’AIEA. Le patron de l’Agence onusienne, Yukiya Amano, a estimé que plusieurs mois seront nécessaires pour régler cette question et que cela dépendait «de la coopération iranienne».

«À Téhéran cela n’a pas été accepté et le guide suprême a donné une réponse très ferme», a déclaré M. Araghchi.

L’AIEA, qui sera chargée de contrôler un éventuel accord s’il est conclu, cherche également à vérifier la possible dimension militaire des activités nucléaires de l’Iran avant 2003, voire au-delà. Téhéran a toujours nié avoir voulu ou vouloir fabriquer des armes atomiques, estimant que l’agence onusienne a mis en avant la question du PMD sur la base de documents fabriqués.

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