Obama loue les liens avec Ryad, promet la vigilance face à Téhéran

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Le Président américain Barack Obama assume la pleine responsabilité de l'opération qui a tué deux otages. (capture d'écran/WhiteHouse/YouTube)
Le Président américain Barack Obama (capture d’écran/WhiteHouse/YouTube)

Barack Obama a loué mercredi la solidité des liens entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite au moment où Washington tente de rassurer les monarchies du Golfe face aux activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région.

En l’absence du roi Salmane d’Arabie saoudite, qui a décliné au dernier moment l’invitation de la Maison Blanche, le président américain a reçu dans le Bureau ovale le prince héritier Mohammed ben Nayef, ainsi que le fils du roi et ministre de la Défense, le prince Mohammed ben Salmane.

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite sont unis par une amitié extraordinaire et une relation qui remonte à Franklin Roosevelt et au roi Faisal, a-t-il fait valoir.

Mettant en exergue le coopération dans la lutte anti-terroriste, cruciale pour la stabilité de la région mais aussi pour la sécurité des Américains, il a souligné le rôle central joué par Ryad dans la lutte contre le groupe Etat islamique, qui a proclamé un califat sur les territoires conquis en Irak et en Syrie.

Cette rencontre intervient quelques heures après l’entrée en vigueur au Yémen d’une trêve humanitaire censée mettre fin à sept semaines de raids aériens menés par Ryad pour stopper l’avancée des rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

Evoquant ce dossier source de vives tensions dans la région, M. Obama a appelé à bâtir sur le cessez-le-feu pour restaurer un processus permettant la mise en place d’un gouvernement représentatif au Yémen.

Profondément inquiets

Après un dîner mercredi soir à la Maison Blanche, le président américain et les dirigeants des six pays membres du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) se retrouveront jeudi dans la résidence présidentielle de Camp David, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale fédérale.

Dans un entretien publié dans le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, M. Obama s’est aussi employé à rassurer ses invités: si les Etats-Unis négocient avec l’Iran sur son programme nucléaire, ils ne baissent pas pour autant la garde face à la République islamique, a-t-il martelé.

Les pays dans la région ont raison d’être profondément inquiets des activités de l’Iran, particulièrement son soutien à des groupes violents à l’intérieur des frontières d’autres pays, a souligné le président américain.

Enumérant les pays dans lesquels Téhéran est impliqué – soutien au régime Assad en Syrie, au Hezbollah au Liban, au Hamas dans la bande de Gaza ou encore aux Houthis au Yémen – M. Obama s’est appuyé sur ce constat pour défendre les négociations engagées sur le nucléaire.

Nous pouvons imaginer combien l’Iran pourrait être encore plus provocateur s’il disposait de l’arme atomique, souligne-t-il. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’accord auquel nous souhaitons aboutir est si important: en empêchant que l’Iran ne se dote de la bombe atomique, on supprimerait l’une des principales menaces à la sécurité de cette région.

 ‘Manque de confiance’

Après l’accord-cadre conclu début avril à Lausanne, en Suisse, entre les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) et l’Iran, l’objectif affiché est d’aboutir à un accord définitif avant le 1er juillet.

Au-delà de la crainte que Téhéran ne se dote in fine de la bombe atomique tout en ayant obtenu la levée des sanctions qui étranglent son économie, les monarchies du Golfe ont aussi le sentiment d’un désengagement américain.

Rappelant que des milliers de militaires américains sont présents dans la région et que de nombreux exercices communs y sont menés chaque année, M. Obama assure qu’il ne devrait y avoir aucun doute sur l’engagement des Etats-Unis en faveur de ses partenaires du GCC.

Pour Bruce Riedel, ancien conseiller de Bill Clinton sur le Moyen-Orient, l’absence du roi Salmane, message très clair et délibéré de l’Arabie saoudite à l’administration Obama, incite cependant à ne pas s’attendre à des avancées majeures lors du sommet de Camp David jeudi.

Les Saoudiens n’étaient pas très enthousiastes (sur ce sommet) dès le départ, explique l’expert de la Brookings Institution à l’AFP. Au fur et à mesure que la date s’est rapprochée, ils ont senti qu’il n’y aurait pas de propositions véritablement concrètes.

Le sénateur républicain John McCain voit lui dans cette absence de taille un indicateur du manque de confiance de Ryad et des autres monarchies envers le président américain.

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