Omar Khadr libéré sous caution aujourd’hui, Ottawa se déclare déçu et inquiet

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Ça y est, Khadr est libéré sous caution. La juge Myra Bielby de la Cour d’appel de l’Alberta vient de confirmer la remise en liberté sous caution d’Omar Khadr, malgré les tentatives du gouvernement fédéral en vain de bloquer la sortie de prison de l’ancien prisonnier de Guantanamo.

Les conditions de remise en liberté de l’enfant-soldat et ancien détenu canadien de Guantanamo, Omar Khadr, avaient déjà été fixées mardi par la Cour du Banc de la Reine, mais il n’avait pas pu pour autant quitter sa prison car la Cour d’appel de l’Alberta avait reporté sa libération suite à l’opposition du gouvernement qui craint que cette libération ne cause du tort aux relations diplomatiques avec les États-Unis.

Mais aujourd’hui, malgré l’opposition d’Ottawa, Khadr redevient un homme libre, après avoir passé quinze derrière les barreaux, dont dix à la tristement célèbre prison de Guantanamo.

Libre, mais avec des conditions: la juge June Ross de la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta, province où le jeune prisonnier est maintenant incarcéré, avait fixé à 5.000 $ la caution exigée pour sa libération conditionnelle, plutôt que les 100.000 $ demandés par la Couronne.

Il devra également porter en permanence un bracelet électronique, un couvre-feu lui sera imposé, et ses déplacements seront circonscrits à la province d’Alberta où réside son avocat Dennis Edney qui s’est porté garant pour l’héberger. Ses communications seront étroitement surveillées et il sera privé de passeport canadien.

Le gouvernement fédéral pour sa part, a aussitôt fait part de sa déception par la voix de son ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

«La décision rendue aujourd’hui nous déçoit, et nous regrettons qu’un terroriste reconnu coupable puisse réintégrer la société canadienne sans avoir purgé toute sa peine», a déclaré le ministre par voie de communiqué.

«Omar Khadr a plaidé coupable à des accusations de crimes odieux, dont le meurtre du Sergent Christopher Speer, infirmier de l’armée américaine. Nos pensées et nos prières accompagnent la famille du Sergent Christopher Speer dans ces moments difficiles», poursuit le communiqué du ministre de la Sécurité publique.

«Nous nous sommes fermement opposés à toute tentative d’alléger la peine imposée à M. Khadr pour ces actes criminels. Tandis que Justin Trudeau a refusé d’écarter toute possibilité de compensation spéciale pour ce terroriste condamné et que le NPD tente activement de forcer les contribuables canadiens à le dédommager, nous croyons que ce sont les victimes d’actes criminels et non ceux qui les commettent qui doivent recevoir réparation.», a conclu Steven Blaney.

De son côté, la députée du Nouveau Parti démocratique Rosane Doré Lefebvre, porte-parole adjointe de son parti en matière de sécurité publique, a indiqué que celui-ci ne prendra pas position sur la libération de l’ex détenu de Guantanamo, puisque, a-t-elle dit, «depuis le départ, il n’y aurait pas dû y avoir d’ingérence politique dans ce dossier».

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, quant à lui, a aussi refusé de se prononcer sur la libération d’Omar Khadr.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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