Quand le pot aux roses a une odeur de pot (2e partie)

Green is the new color
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Les dernières semaines se sont avérées fertiles en annonces – dont la nomination du nouveau chef d’État-major de la Défense, Jonathan Vance, et en remises de rapports et d’études, telle que «Pleins feux sur les familles» du bureau de l’Ombudsman…

D’abord, l’arrivée de M. Vance semble être généralement bien accueillie. Dans le creux de l’oreille, j’ai même envie de vous murmurer que de l’extérieur, j’ai l’impression que derrière la notion de grande famille militaire, la couleur de l’habit du Chef-major semble être un élément déterminant fondamental à plusieurs égards.

Je me trompe?

Je suis parfaitement assurée (et rassurée) à l’effet que les trois armes des FAC forment une vraie et solide famille. J’ai compris que sur le terrain, tout le monde est un frère ou une sœur, et ce, au même titre et avec la même importance, peu importe le rang, le métier ou la couleur de l’uniforme. Ce n’est pas de l’unité constitutionnelle fondamentale de la grande famille dont il est question.

Comme dans chaque communauté, on aime s’identifier – ou identifier quelqu’un – selon certaines distinctions. Entre les francophones et les anglophones, entre les hommes du rang et les officiers, il y a aussi la couleur de l’uniforme. C’est vrai partout, autant chez les civils.

And Green is the new color.

Vous comprenez que la culture militaire est à la fois près et loin de moi.

Un caporal, vétéran depuis une dizaine d’années, m’expliquait que si mon mari, un sergent à la retraite depuis 16 ans, lui «ordonnait de se fermer la gueule», il le ferait probablement. Pourquoi? Parce que mon mari était sergent.

Mon mari m’a exprimé exactement, pratiquement mot pour mot, la même chose quand nous avons rencontré le Général Roméo Dallaire à l’effet que si ce dernier lui ordonnait de s’asseoir et «fermer sa gueule», il le ferait. Pourquoi? Parce que c’est un général et lui, un sergent.

Mon premier réflexe fût de lui répondre:

«Ben voyons donc! Il n’a plus aucun pouvoir sur toi! Tu fermes ta gueule si tu veux te la fermer, pas parce qu’on va te l’avoir ordonné. Tu me niaises-tu?»

Ben oui, j’le sais ben: Mea Culpa encore une fois. Je m’excuse de ne pas avoir compris avant. Mais en même temps, c’est un fichu de bel exemple pour illustrer à quel point, de l’extérieur, on pense comprendre un concept, mais en réalité, il n’en est rien.

C’est comme le SSPT: tout le monde dit savoir, mais rares sont ceux qui comprennent.

Justement, c’est ma première rencontre officielle avec trois militaires de rangs différents qui m’a fait comprendre à quel point, je n’avais rien compris.

Au départ, j’avais déjà eu le privilège de les rencontrer – les 3 – et de les côtoyer individuellement dans le cadre d’évènements précédents. D’ailleurs, l’un d’eux a même travaillé avec mon mari. Je les connaissais donc tous sous un certain contexte et un certain angle, si je peux dire.

Et puis nous voilà tous les quatre dans un bureau.

La rencontre fut efficace, sympathique, amicale, vraiment, je m’y suis sentie bien. Mais comme dans toute nouvelle situation, ce sont les petits détails naturels qui frappent:

Le lieutenant-colonel n’a pratiquement pas parlé. Il l’a fait seulement quand on lui a demandé précisément son opinion. Je le connais comme un homme expressif et passionné par ce qu’il faisait et au départ, j’ai même été un peu surprise de sa réserve;

J’étais fascinée d’écouter le colonel répondre au major-général: d’abord, l’utilisation de «Sir» (utilisé différemment de la façon dont je le ferais, par exemple, avec un PDG d’entreprise) avec un ton empreint d’un respect que je n’ai jamais, mais jamais, entendu dans le monde civil: c’est la première fois que je «ressentais» le respect dont on fait tant mention, ce que mon mari ne pouvait pas me faire comprendre à ce niveau.

J’étais d’autant plus fascinée par la précision de ses réponses, taillées au couteau, fournies avec concision, exactitude.

J’ai quand même trouvé le moyen de créer un petit malaise en faisait la vet’s spouse:

«Il se pourrait très bien que l’un de vous éprouve actuellement des symptômes en lien avec le SSPT et je ne serais pas surprise que les deux autres ne soient même pas au courant».

Silence total.

Qui ne dit mot, consent?

Oui, j’arrive avec mon pot aux roses, l’odeur de pot, le thé Red Rose d’Anciens Combattants Canada… mais j’ai encore dépassé ma limite de 250 mots.

Je continue la prochaine fois et en attendant, je vous invite à savourer une bonne tasse de thé… vert.

Il parait que c’est bon pour la santé… et très à la mode par les temps qui courent:

Green is the new color.