Ramadi: le premier ministre irakien «ordonne» aux troupes de maintenir ce qui reste de leurs positions

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Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi à Najaf (Irak) le 20 octobre 2014 (Haidar Hamdani/AFP)
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Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi à Najaf (Irak) le 20 octobre 2014 (Haidar Hamdani/AFP)
Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi à Najaf (Irak) le 20 octobre 2014 (Archives/Haidar Hamdani/AFP)

Alors que le groupe État islamique (EI) a affirmé dimanche avoir pris le contrôle total de la ville de Ramadi, à une centaine de km à l’ouest de Bagdad, le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a ordonné dimanche à ses troupes de tenir leurs positions face au groupe djihadiste.

M. Abadi a ordonné aux soldats et policiers, à leurs alliés des tribus et aux forces d’élite de tenir leurs positions et ne pas permettre à Daech (un acronyme de l’EI en arabe) de prendre d’autres secteurs, a rapporté Saad al-Hadithi, le porte-parole du chef de gouvernement.

« Un appui aérien continu aidera les troupes au sol à tenir leurs positions, en attendant l’arrivée d’autres forces en renfort et de combattants des ‘Unités de mobilisation populaire' », a ajouté le Premier ministre, en faisant référence à des groupes paramilitaires composés essentiellement de miliciens chiites.

Les ordres d’Haïdar al-Abadi interviennent après que l’EI a revendiqué dimanche sa victoire sur les forces gouvernementales à Ramadi, chef-lieu de la province d’Al-Anbar, sévère revers pour les autorités de Bagdad.

« Dieu a permis aux soldats du califat de nettoyer toute la ville de Ramadi, écrit le groupe, ajoutant: ils la contrôlent, avec les bataillons de chars et de lanceurs de missiles s’y trouvant, ainsi que le centre de commandement des opérations (de la province d’Al-)Anbar », a écrit le groupe sur des forums djihadistes.

Plusieurs sources de sécurité ont confirmé la perte du QG des forces de sécurité de la province d’Al-Anbar, permettant à l’EI de prendre le contrôle effectif de Ramadi.

Le porte-parole et conseiller du gouverneur de la province, Mouhannad Haimour, a annoncé la perte du centre de commandement des forces de sécurité à Ramadi, permettant de facto à l’EI de prendre de contrôle effectif de la ville.

« Le centre de commandement des opérations dans la province d’Al-Anbar a été désert », a-t-il affirmé.

Les combats ont fait environ 500 morts –civils ou membres des forces de sécurité– en deux jours, a aussi précisé le porte-parole du gouverneur de la province.

L’EI contrôlait déjà la majeure partie de la vaste province désertique d’Al-Anbar, qui s’étend des frontières syriennes, jordaniennes et saoudiennes jusqu’aux portes de Bagdad. la prise de Ramadi est une victoire symbolique importante pour le groupe djihadiste et, inversement, une défaite lourde de conséquences pour le gouvernement irakien.

*Avec AFP