RDC: nécessité d’une coopération entre armée et Casques bleus suite au massacre à Beni

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Des soldats des FARDC saluent une patrouille de la MONUSCO dans l’est de la République démocratique du Congo (Sylvain Liechti/MONUSCO)
Des soldats des FARDC saluent une patrouille de la MONUSCO dans l’est de la République démocratique du Congo (Sylvain Liechti/MONUSCO)

Le massacre qui s’est déroulé vendredi près de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, souligne la nécessité de la coopération entre l’armée congolaise et les Casques bleus pour assurer la sécurité de la population, a déclaré la Mission de l’ONU (Monusco).

La collaboration entre la Monusco et l’armée est freinée depuis que Kinshasa a nommé – pour combattre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), actifs dans l’est – deux officiers que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’homme.

Cette tuerie nous interpelle sur la nécessité de la coopération entre FARDC (armée congolaise) et la Monusco pour sécuriser les civils du territoire de Beni, théâtre d’une série de massacres qui a fait depuis octobre plus de 300 morts, déclare sur Twitter Martin Kobler, chef de la Monusco.

Il a ajouté que cette tuerie renforce la détermination de la Monusco à remplir son mandat de protection des civils et qu’elle renforce notre détermination à soutenir le gouvernement de la RDC pour traquer les auteurs et les traduire en justice.

Sept personnes ont été assassinées à l’arme blanche dans la nuit de vendredi à Matembo, à une dizaine de kilomètres du centre de Beni, grand carrefour commercial situé dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu.

Le drame s’est déroulé non loin d’une base de l’armée congolaise et de la Monusco, chargée de lutter contre les dizaines de groupés armés locaux et étrangers qui sévissent, parfois depuis vingt ans, dans l’est de la RDC.

« Il est plus que temps, pour le gouvernement (…), de se concentrer sur les aspects sécuritaires et qu’il mette en place des mécanismes de mobilisation des moyens humains, matériels, intellectuels et financiers pour stopper le cycle de violence de la même manière qu’il a réussi à freiner l’inflation », a indiqué dimanche dans une déclaration Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu.

Les assassinats, dont les auteurs restent indéterminés, se sont produits alors que la sécurité se dégrade au Nord-Kivu.

Mardi, deux Casques bleus et deux civils ont été tués dans une embuscade tendue par de présumés rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Après cette attaque, la Monusco a renforcé ses positions et promis des opérations offensives robustes.

Les rebelles de l’ADF sont présents depuis 1995 dans une région montagneuse du territoire de Beni, où ils sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils (meurtres, enrôlements d’enfants, pillages…) et de se livrer à un trafic de bois très lucratif.

Depuis octobre, ces rebelles sont accusés d’une série de massacres qui ont fait plus de 300 morts, essentiellement dans le territoire de Beni.

L’armée congolaise a affirmé qu’elle avait éliminé fin avril Kasada Karume, numéro trois des ADF. Toujours en avril, le chef de cette rébellion, Jamil Mukulu, a été arrêté en Tanzanie.

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