Syrie: l’armée repousse l’EI à Palmyre mais la menace demeure

Vue en date du 14 mars 2014 de la ville antique de Palmyre en Syrie (Joseph Eid/AFP)
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Vue en date du 14 mars 2014 de la ville antique de Palmyre en Syrie (Joseph Eid/AFP)
Vue en date du 14 mars 2014 de la ville antique de Palmyre en Syrie (Joseph Eid/AFP)

Les forces du régime syrien ont chassé dimanche du nord de la ville antique de Palmyre les jihadistes de l’État islamique (EI), dont quatre de ses chefs auraient été tués dans l’opération commando américaine selon une ONG.

Les combattants de l’organisation extrémiste se trouvaient toujours dimanche à un kilomètre du célèbre site archéologique de Palmyre (Tadmor en arabe), situé dans le sud-ouest de cette oasis du centre de la Syrie.

Mais dans le nord de la ville, et après de violents combats avec l’armée, l’EI « s’est retiré de la plupart des quartiers » moins de 24 heures après s’être emparé de la zone septentrionale, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Les combats se poursuivent dans la banlieue nord d’Amiriya entre forces loyalistes et jihadistes », a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’ONG qui dispose d’un large réseau de sources civiles, médicales et militaires.

« Attaque avortée »

« L’attaque de l’EI a été avortée et les jihadistes ont été chassés des périphéries nord et est de Tadmor », a affirmé de son côté à l’AFP Talal Barazi, le gouverneur de Homs, province du centre de la Syrie dont fait partie cette ville vieille de plus de 2.000 ans.

M. Barazi a indiqué en outre que l’armée avait repris une série de sites stratégiques, dont des collines, des barrages et la tour de la radio et télévision de Palmyre, dans le nord-ouest de la ville.

Selon l’OSDH, les combats dans le nord de la ville ont fait au moins 29 morts parmi les jihadistes et 23 parmi les membres des forces gouvernementales. D’après M. Barazi, l’armée a tué « 130 jihadistes ».

La plupart des ruines monumentales, qui comportent notamment des colonnades torsadées romaines, des temples et des tours funéraires, se trouvent au sud-ouest de la ville. Ce site, qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique, est inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco.

L’EI avait lancé mercredi l’assaut sur Palmyre, qui revêt une importance stratégique pour lui puisqu’elle ouvre sur le grand désert syrien, limitrophe de la province irakienne d’Al-Anbar, en grande partie contrôlée par ce groupe ultraradical sunnite.

La ville est également importante pour la propagande de l’EI, puisque son importance culturelle attire l’attention des médias du monde entier et a poussé l’Unesco à appeler le Conseil de sécurité de l’ONU à agir pour la préserver.

Le directeur des Antiquités et des musées syriens, Maamoun Abdelkarim, a confié sa peur de voir Palmyre subir le même sort que des sites archéologiques dans le nord de l’Irak, notamment Nimroud et Hatra, endommagés ou détruits par l’EI.

Chefs de l’EI liquidés

L’OSDH a annoncé dimanche que l’opération commando américaine en Syrie qui a coûté la vie à un chef de l’EI, Abbou Sayyaf, a tué au total 32 membres de l’organisation extrémiste dont trois autres chefs.

Un responsable de la Défense américaine avait indiqué samedi que les forces américaines avaient tué « une douzaine » de combattants en plus d’Abou Sayyaf, au cours de cette opération au sol en Syrie.

Aucun autre bilan n’a été communiqué, notamment sur les sites jihadistes.

Outre Abbou Sayyaf, qui était en charge du dossier du pétrole au sein de l’EI, l’adjoint du « ministre de la Défense » du groupe, un responsable des communications et un quatrième chef non identifié, ont été tués selon l’OSDH. Trois d’entre eux sont originaires du Maghreb.

Cette opération au sol, la première revendiquée explicitement par les Etats-Unis contre l’EI pour capturer un de ses responsables, a été menée à Al-Omar, l’un des plus grands champs pétroliers de la Syrie, qui se trouve actuellement sous le contrôle de l’Etat islamique.

Abou Sayyaf « a été tué lors d’échanges avec les forces américaines », a indiqué la Maison Blanche, en précisant qu’aucun militaire américain n’a été blessé ou tué.