Un raid de la coalition aurait tué plus de 60 civils en Syrie, le Canada n’y a pas participé, assure Ottawa

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Des CF-188 Hornet partent de la 4e Escadre Cold Lake le 21 octobre 2014 en vue d’appuyer l’opération Impact. PHOTO : Caporal Audrey Solomon
Des CF-188 Hornet partent de la 4e Escadre Cold Lake le 21 octobre 2014 en vue d’appuyer l’opération Impact. PHOTO : Caporal Audrey Solomon

Au moins 52 civils ont péri en Syrie dans un raids aérien de la coalition internationale qui lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI), a affirmé ce samedi 2 mai l’OSDH, sans toutefois préciser à quel pays appartenaient les appareils qui ont effectué cette attaque, mais Ottawa assure que les avions canadiens n’ont pas participé à ce raid meurtrier.

Ailleurs dans le pays en guerre, au moins 40 civils dont des enfants ont été atteints de troubles respiratoires lors d’« attaques au gaz de chlore » menées par le régime contre deux localités rebelles du nord-ouest, selon l’ONG et des militants.

« Des raids de la coalition menés vendredi sur le village de Birmahlé, dans la province d’Alep, ont fait 52 morts dont sept enfants », a dit le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Treize personnes sont portées disparues.

Selon lui, des miliciens kurdes et des rebelles combattent les djihadistes de l’EI à quelque deux km du village visé. Mais « il n’y a que des civils dans le village. Il n’y a ni positions de l’EI, ni des combats ». D’autres raids non loin de là ont tué sept djihadistes, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du commandant des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom), le colonel Patrick Ryder, cité par l’AFP, a affirmé que les États-Unis « n’avaient aucune information » sur la mort de civils dans les raids mais qu’ils allaient « enquêter ».

« Je peux vous assurer qu’avant chaque mission, toutes les précautions sont prises pour faire de sorte qu’aucun civil ne soit atteint », a-t-il ajouté.

L’OSDH n’est bien sûr pas en mesure de préciser à quel pays appartenaient les avions qui ont mené ce raid meurtrier, mais la porte-parole du ministère canadien de la Défense, Dominique Tessier, et Commandement canadien des opérations interarmées, à Ottawa, ont assuré à 45eNord.ca que les Canadiens n’ont pas participé à ce raid meurtrier, ademettant toutefois implicitement qu’il avait bien eu lieu.

La participation canadienne en Syrie

Le Canada, dont le Premier ministre Stephen Harper se trouve en Irak, participe aussi aux raids en Syrie comme en Irak, où le groupe djihadiste s’est emparé également de larges pans du territoire.

Le 30 mars dernier, par un vote de 142 pour et 129 contre, les députés de la Chambre des communes ont voté pour prolonger d’un an la mission militaire canadienne contre le groupe armé État islamique et l’étendre de l’Irak à la Syrie, les Conservateurs ayant unanimement voté pour la motion, alors que les Libéraux et les Néo-Démocrates ont voté contre, ainsi que les Verts.

Depuis, les pays de la coalition, qui mènent des frappes aériennes en Syrie sont le Bahreïn, le Canada, la Jordanie, l’Arabie saoudite, Émirats arabes unis et, bien sûr, les États-Unis.

Même s’ils soutiennent leur gouvernement dans sa lutte au groupe armé l’État islamique, la décision d’étendre la mission militaire canadienne en Syrie a soulevé un vaste mécontentement auprès de l’opinion publique canadienne. L’institut de sondage Forum Research révèlait début avril que 55% des Canadiens en âge de voter désapprouvaient l’extension des frappes canadiennes à la Syrie, adoptée par le Parlement le 30 mars dernier.

Civils tués à Alep

Une coalition internationale initiée par Washington et comprenant des pays arabes mène depuis fin septembre des raids contre les positions de l’EI qui occupe de vastes régions du nord syrien.

Malgré les raids, le Pentagone a reconnu en avril que l’EI avait « maintenu son influence globale » en Syrie.

Au total, l’OSDH estime que la coalition a tué plus de 2.000 personnes, dont quelque 1.900 jihadistes, dans les raids en Syrie.

Commencé en mars 2011 par des manifestations anti-régime pacifiques réprimées dans le sang, le conflit syrien a dégénéré en une complexe guerre civile aux alliances mouvantes. Plus de 220.000 personnes sont mortes et près de 10 millions ont fui leur foyer.

Dans la ville même d’Alep, au moins 10 civils dont trois enfants sont morts dans une attaque à la roquette contre des secteurs contrôlés par le régime, selon l’OSDH. La télévision d’État a fait état de 12 morts.

Conférence de planification opérationnelle

Par ailleurs, plus de 300 représentants militaires de 39 pays ont conclu hier, 1er mai, une conférence de planification opérationnelle d’une semaine pour développer et raffiner les plans de campagne de la coalition pour vaincre le groupe État Islamique (EI).

« La planification de la campagne de coalition est une étape difficile, mais essentielle dans notre objectif de vaincre Daesh », a déclaré à ce propos le major-général de l’Armée Française Bernard Commins, président de la planification de la coalition et du groupe de stratégie au Commandement central américain (CENTCOM). « Le succès repose sur la cohésion de cette coalition. Soixante-deux nations pour une mission. Voilà où nous en sommes. »

La conférence de cette semaine était la troisième organisé par le CENTCOM en moins d’un an.

« Je n’ai jamais connu un engagement et une détermination pareille », a déclaré pour sa part le brigadier-général de l’armée britannique Gary C. Deakin, directeur adjoint de la stratégie et de la planification du CENTCOM.

La conférence de cette semaine s’est penché sur les actions militaires de la coalition contre l’EI qui comprennent les frappes aériennes à l’appui des forces irakiennes ainsi et l’assistance, la formation et l’équipement des forces irakiennes.

Les forces de la coalition ont effectué jusqu’à maintenant plus de 3.600 frappes aériennes contre l’EI en Irak et la Syrie.

Une douzaine de pays sont également impliqués dans l’effort pour augmenter les capacités des forces irakiennes. Participent au programme d’assistance et de formation des forces irakiennes, outre le canada et les États-Unis, l’Australie, la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège,l’Espagne, et le Royaume-Uni.

Près de 6500 membres des forces irakiennes ont ainsi été formés et environ 4500 sont actuellement en formation.

Les forces irakiennes ont en outre reçu de près de 20 pays donateurs environ 2,5 millions de kilos de matériel, transportés à bord d’avions de la coalition qui ont effectué jusqu’à maintenant à cette fin 80 vols.

Sur le terrain, les forces irakiennes ont pu arrêté l’expansion des djihadistes de l’Ei et commencer à les faire reculer, a aussi souligné le le major-général Comins.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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