Tentative de coup d’État au Burundi: Washington appelle au calme

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Le président burundais Pierre Nkurunziza le 4 juin 2014 à Paris (Archives/François Guillot)
Le président burundais Pierre Nkurunziza le 4 juin 2014 à Paris (Archives/François Guillot)

Les Etats-Unis ont appelé mercredi toutes les parties prenantes à la crise au Burundi à déposer les armes, après une tentative de coup d’État contre le président Pierre Nkurunziza.

Un général burundais a annoncé mercredi la destitution du président Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie pour un sommet régional sur le conflit dans son pays, où la situation restait incertaine en fin de journée.

« Nous appelons toutes les parties à déposer les armes, mettre fin à la violence et faire preuve de retenue », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président Barack Obama. Il a souligné que autorités burundaises avaient la responsabilité de rétablir les conditions pour la tenue d’élections crédibles.

Son homologue au département d’État, Jeffrey Rathke, n’a pas été en mesure de dire de manière certaine si le président burundais était toujours aux affaires ou avait été renversé.

« Nous ne sommes pas prêts à tirer de conclusion sur ce qui se passe sur le terrain. La situation est très changeante », a reconnu le porte-parole. Il s’est borné à promettre d’éventuelles mesures ciblées, le cas échéant, comme des refus de visas américains contre ceux qui projettent ou ordonnent des actes de violences contre la population civile.

Quelques minutes après cet appel au calme de Washington, le général putschiste a affirmé dans un message à la radio avoir beaucoup de soutiens au sein de l’armée et de la police.

Selon la présidence burundaise, le coup d’État, mené par un groupe de militaires mutins, a été déjoué. Mais il était impossible de savoir dans l’immédiat qui contrôlait le pays, secoué depuis le 26 avril par un mouvement de contestation à la candidature de M. Nkurunziza à la présidentielle du 26 juin.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a de son côté appelé urgemment toutes les parties à faire preuve de calme et de retenue, selon son porte-parole.

« Nous continuons d’évaluer les développements sur le terrain car la situation est très changeante », a ajouté Stéphane Dujarric.

« M. Ban », a-t-il ajouté, « rappelle à tous les dirigeants burundais la nécessité de préserver la paix et la stabilité dans un pays qui a tant souffert de précédents accès de violence ».

L’ONU reste en contact avec son émissaire au Burundi Saïd Djinnit, qui se trouve à Dar es Salaam pour un sommet régional consacré au Burundi.

Toujours selon des diplomates à l’ONU, la France a demandé que le Conseil de sécurité tienne des consultations dès que possible afin que M. Djinnit puisse l’informer de la situation, mais cette réunion pourrait ne se tenir que jeudi.

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